Commerce électronique : La BAD ne soutient pas les femmes entrepreneures en Afrique
La Banque africaine de développement a lancé un manuel pratique de commerce électronique destiné aux femmes entrepreneures africaines, en partenariat avec le Comesa, la Communauté de l’Afrique de l’Est et la Cedeao. En 2022, les jeunes femmes n’ont contribué qu’à hauteur de 11% au PIB de l’Afrique, contre 18% en 2000.

La transformation numérique en Afrique a également profondément influencé les femmes entrepreneures. L’essor du commerce électronique sur le continent permet aux entreprises dirigées par des femmes d’accéder à de nouveaux marchés.
La Banque africaine de développement (BAD) a récemment publié un manuel pratique de commerce électronique à l’intention des femmes entrepreneures africaines, en collaboration avec le Comesa, la Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE) et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao).
La Presse — Investir dans les femmes entrepreneures constitue l’une des priorités majeures de la Banque africaine de développement, conformément à sa stratégie décennale (2024-2033) et à sa stratégie de genre (2021-2025). Le premier volet de cette stratégie vise à autonomiser les femmes en leur facilitant l’accès au financement et aux marchés, tandis que le second se concentre sur l’amélioration de l’employabilité et la création d’emplois pour les femmes grâce au développement des compétences.
Un taux d’entrepreneuriat féminin estimé à 25,6 %
Intitulé « Manuel de commerce électronique pour les femmes entrepreneures africaines », ce document aborde les aspects clés du e-commerce, tels que le marketing numérique, la gestion des réseaux sociaux, la création de boutiques en ligne, la logistique, la cybersécurité et les réglementations, tout en présentant les principales plateformes africaines de vente en ligne.
À travers des études de cas de femmes entrepreneures issues de plusieurs pays africains, le manuel démontre l’énorme potentiel du numérique, certaines d’entre elles générant l’essentiel de leurs ventes par le biais de canaux digitaux. Sur le continent, les femmes jouent un rôle économique actif, leur contribution étant essentielle à la transformation sociale et économique de l’Afrique.
Avec le taux d’entrepreneuriat féminin le plus élevé au monde, estimé à 25,6 %, « il est impératif de créer un environnement propice à la prospérité des entreprises dirigées par des femmes, afin d’atteindre une croissance inclusive et un développement durable en Afrique ».
Renforcement des capacités et d’accompagnement
Ce manuel résulte d’un programme de renforcement des capacités mis en place par le département Genre, Femmes et Société civile de la BAD pour 1000 femmes entrepreneures africaines provenant de 34 pays membres du Comesa, de la CAE et de la Cedeao.
À travers un programme de formation intensive, des sessions de réseautage et du mentorat avec des experts en entrepreneuriat, les participantes ont acquis des connaissances et des compétences fondamentales pour naviguer sur le marché numérique.
Le programme a mis en avant des récits inspirants d’entrepreneures africaines et a souligné la demande croissante pour le renforcement des capacités et l’accompagnement des femmes entrepreneuses à un stade précoce.
La publication de ce manuel vise à simplifier les complexités du commerce en ligne et à tirer parti des technologies pour cibler de nouveaux marchés et lever les obstacles.
À travers ce manuel, « les femmes entrepreneures africaines seront guidées dans l’établissement d’une présence numérique pour leurs entreprises, l’amélioration de leur visibilité en ligne et l’accroissement des ventes de produits et de services en accédant à un marché plus large ». Les outils essentiels qu’il contient aideront les entrepreneures africaines à optimiser leurs ventes et à utiliser efficacement les plateformes de médias sociaux pour le développement de leur activité.
L’objectif fixé par les partenaires pour favoriser l’émancipation économique des femmes africaines est de « tirer parti de la puissance du commerce électronique pour créer un paysage entrepreneurial dynamique et encourager la croissance inclusive du continent africain ».
Nouvelle ère d’opportunités
Le commerce électronique marque le début d’une nouvelle ère d’opportunités pour les femmes entrepreneures africaines, leur offrant une plateforme numérique « qui dépasse les limites traditionnelles. Cette évolution permet aux femmes de redéfinir leurs modèles d’entreprise, de stimuler la croissance économique et de provoquer des changements positifs sur le continent ».
Historiquement, les femmes africaines ont rencontré des obstacles considérables entravant leur participation à la vie économique. En 2022, les jeunes femmes n’ont contribué qu’à hauteur de 11% au PIB de l’Afrique, une diminution préoccupante comparée aux 18% enregistrés en 2000.
« Cette baisse reflète des défis systémiques plus larges, tels que des taux de chômage plus élevés chez les femmes et les conséquences aggravantes de la pandémie de Covid-19 ». Le commerce électronique constitue un moyen essentiel pour contrer ces tendances préoccupantes. En abaissant les barrières à l’entrée, il permet aux femmes de lancer et de développer des entreprises avec un coût financier nettement inférieur à celui des modèles traditionnels.
Selon la même source, « cette démocratisation de l’esprit entrepreneurial est cruciale pour les femmes qui font face à des contraintes financières et à des attentes sociétales qui limitent souvent leurs opportunités économiques ». De plus, le commerce électronique offre la flexibilité nécessaire à de nombreuses femmes africaines pour concilier ambitions professionnelles et engagements personnels.
Pour favoriser l’adoption du commerce électronique par les femmes entrepreneures africaines et son impact positif sur le PIB de l’Afrique, la Banque africaine de développement a lancé des initiatives telles que l’Initiative pour le financement en faveur des femmes en Afrique (Afawa), la Facilité pour l’inclusion financière numérique en Afrique (Adfi), le Bootcamp pour les femmes entrepreneures africaines, ainsi que des programmes d’incubation et d’accélération de Fashionomics Africa.
Ces initiatives fournissent un soutien financier essentiel, du mentorat et une formation permettant aux femmes entrepreneures de surmonter les défis, de développer leurs activités et de contribuer de manière plus significative à la croissance économique du continent.

