International

Trump critique des pays européens et évoque l’esclavage à Davos.

Davos a été le décor du Forum économique mondial (WEF) cette semaine, qui se clôt ce vendredi. Le Premier ministre canadien, Mark Carney, a prononcé un discours offensif mardi, dénonçant une « rupture de l’ordre mondial » et appelant les « puissances moyennes » à s’unir.


Davos, station alpine en Suisse, a été cette semaine le cadre prestigieux du Forum économique mondial (WEF), où se rencontrent les figures influentes du monde économique et politique. Cependant, l’édition 2026, qui se termine ce vendredi, se distingue par des tensions géopolitiques et des désaccords marqués. 20 Minutes dresse un bilan des interventions clés et des confrontations survenues durant cet événement.

Le Premier ministre canadien refuse de se faire manger

Mardi, Mark Carney, Premier ministre canadien, a prononcé un discours percutant. Exceptionnellement applaudi debout, il a critiqué, sans les nommer, les États-Unis, en dénonçant « une rupture de l’ordre mondial, la fin d’une fiction agréable et le début d’une réalité brutale où la géopolitique des grandes puissances n’est soumise à aucune contrainte ». Il a invité les « puissances moyennes » à s’allier pour proposer une « troisième voie » face à la pression des grandes puissances. Il a également déclaré : « Quand nous ne sommes pas à la table, nous sommes au menu. »

Le Premier ministre belge dénonce des pays européens « esclaves »

Bart De Wever, Premier ministre belge, a exhorté mardi les Européens à éviter de devenir des « esclaves misérables » des États-Unis. « Il est temps de se réveiller, nous devons avoir nos propres plateformes technologiques pour construire la prospérité de demain, a-t-il déclaré. Si ce n’est pas le cas, Donald Trump peut se jouer de nous. Il peut nous rendre esclaves car nous sommes des esclaves. Et nous devrons prendre pour acquis tout ce qu’il fait. »

Le gouverneur démocrate de Californie et les pays européens « pathétiques »

Le gouverneur démocrate américain Gavin Newsom, envisagé comme un candidat potentiel à la Maison-Blanche en 2028, a exprimé mardi son mécontentement envers les Européens, les accusant de complicité et de manquer de détermination face à Donald Trump. Qualifiant leur attitude de « pathétique », il a soutenu qu’ils pratiquent une diplomatie sans fermeté. « Il est temps de se montrer sérieux et de cesser d’être complices. Il est temps de se tenir debout et d’être fermes, d’avoir du cran », a-t-il martelé.

La patronne de la Banque centrale européenne se lève et se casse

Dans la continuité des critiques américaines envers l’UE, le secrétaire américain au Commerce, Howard Lutnick, a prononcé mardi soir un discours virulent contre l’Europe lors d’un dîner rassemblant des personnalités politiques, y compris des chefs d’État. Cette intervention a poussé Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne, à quitter la table en compagnie de chefs d’entreprise. Les propos du responsable américain lui ont valu des sifflements de la part d’une partie des convives, selon Reuters. Suite à cet incident, l’organisateur du dîner, Larry Fink, PDG de BlackRock, a décidé de clore l’événement avant le dessert, alors que certains invités avaient déjà commencé à quitter les lieux.

Emmanuel Macron contre la diplomatie « brutale » des Etats-Unis

Pendant la crise transatlantique au sujet du Groenland et des menaces de taxes douanières sur les vins et champagnes, le président français a fustigé, mardi, la diplomatie « brutale » des États-Unis. Emmanuel Macron a décrié « un monde sans loi où le droit international est bafoué ». Le président français a également déclaré qu’il préférait « le respect plutôt que les brutes », en évitant de « perdre son temps avec des idées folles ».

Quand Donald Trump raille Emmanuel Macron

Mercredi, lors d’un discours très suivi, Donald Trump a tourné en dérision le président français, qui portait des lunettes de soleil après un problème aux yeux. « Il a essayé de faire le dur à cuire », a-t-il ironisé. Le leader républicain a ensuite raconté qu’il avait contraint Emmanuel Macron à augmenter le prix des médicaments américains en France, menaçant de droits de douane additionnels. « Macron m’a répondu : « Non Donald, je ne peux pas faire ça. » Je dis : « Si tu vas le faire, vous profitez des États-Unis, vous devez le faire » », a affirmé Donald Trump, en imitant l’accent français, avant de conclure que le président français avait finalement accepté. L’Elysée a dénoncé ces dires, les qualifiant de « fake news » en soirée.

Donald Trump offensif (encore) contre les pays européens

Dans ce même discours, mercredi, Donald Trump a intensifié ses critiques envers l’Europe, qu’il a qualifiée de « déclin » en raison de l’immigration et de la transition énergétique, qu’il a qualifiée de « canular climatique ». Il a souligné la dépendance des pays européens et du Canada envers les États-Unis en matière de sécurité et d’économie.

Donald Trump, bis repetita sur le Groenland

Concernant le Groenland, île danoise autonome que Donald Trump souhaiterait voir rejoindre les États-Unis, le président a mis en garde les Européens : « Vous pouvez dire oui et nous vous en serons très reconnaissants, ou vous pouvez dire non et nous nous en souviendrons. » Toutefois, il a fait marche arrière sur sa menace d’action militaire pour s’emparer du Groenland et sur les droits de douane plus élevés contre les pays européens qui s’y opposeraient. Il a annoncé le « cadre d’un futur accord » concernant l’île après avoir rencontré le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte.

Le dossier Forum économique mondial de Davos

L’Europe manque de « volonté politique », critique Zelensky

Fait rare, le président ukrainien a vivement critiqué jeudi ses alliés européens. Volodymyr Zelensky a décrit une Europe « fragmentée » et « perdue » quant à l’influence sur les positions de Donald Trump, faisant état d’un manque de « volonté politique » face à Vladimir Poutine. Cette intervention très ferme vis-à-vis des principaux soutiens politiques et financiers de Kiev est survenue après une rencontre avec Donald Trump à Davos. « Au lieu de devenir une vraie puissance mondiale, l’Europe reste un kaléidoscope beau mais fragmenté de petites et moyennes puissances », a-t-il déploré. « L’Europe a l’air perdue lorsqu’elle tente de convaincre le président américain de changer », a-t-il ajouté.