Sa Majesté le Roi ne clarifie pas la situation en Afrique.
Le communiqué du Cabinet Royal a été rendu public jeudi dernier et vise à rassurer les alliés stratégiques du Maroc sur le continent africain. Des sanctions dépassant 55.000 euros ont été annoncées à l’égard de l’équipe d’Algérie suite à des incidents survenus lors de la finale de la CAN 2025.
Dans un contexte marqué par des passions exacerbées après la finale tumultueuse de la CAN 2025, avec des réseaux sociaux en émoi, des accusations entre supporters, et des tentatives de discrédit relayées par des voix hostiles, le communiqué du Cabinet Royal, publié jeudi dernier, arrive à point nommé. Il vise à contrecarrer le complot orchestré par les ennemis du Royaume pour détériorer ses relations stratégiques avec les pays africains.
Dans ce communiqué, le Souverain a dénoncé les « desseins hostiles » de certains acteurs, affirmant sa conviction que ces intentions ne réussiront jamais. Il a assuré que le peuple marocain sait faire la part des choses et rejette la rancœur. Fidèle à sa Vision éclairée, S.M. le Roi a réitéré l’engagement du Maroc pour une Afrique unie et prospère, par le biais du partage d’expériences, d’expertise et de savoir-faire.
Moussaoui Ajlaoui, professeur universitaire expert en affaires africaines, a indiqué que ce communiqué est crucial car il souligne le rôle des institutions pour clarifier la situation auprès de l’opinion publique nationale et des partenaires stratégiques du Maroc en Afrique. Il a précisé que les interactions entre le Maroc et l’Afrique dépassent largement le cadre d’un match de football d’une durée de 120 minutes.
Il a déclaré : « Le communiqué du Cabinet Royal vise avant tout à rassurer les alliés stratégiques du Maroc sur le continent africain. Les relations du Royaume sont profondes, structurelles et non circonstancielles. » Celles-ci reposent sur des décennies de coopération, d’un héritage historique commun, de la religion musulmane et du rite malékite, ainsi que des échanges commerciaux et de la coordination entre les oulémas marocains et leurs homologues africains, pour promouvoir des valeurs de modération en Afrique de l’Ouest.
Moussaoui Ajlaoui a expliqué que ce qui s’est produit lors de la finale a pris la forme d’un dérapage provocateur, clairement hostile au Maroc, visant à le discréditer lors de la « fête africaine ». Il a ajouté que l’objectif n’était pas tant le résultat du match, mais plutôt de dégradé l’image du Maroc. Le chercheur a rappelé que le complot contre le Royaume a commencé bien avant la CAN 2025, évoquant des récits exagérés relayés par certains médias, y compris marocains, sur de prétendues agressions de Subsahariens envers des Marocains, créant artificiellement un climat de tension.
Il a précisé que l’objectif de ces narratifs était de créer une rupture entre le Maroc et le reste du continent africain et de diffuser l’idée d’un isolement du Maroc en Afrique. Selon lui, il s’agit de « manœuvres orchestrées », souvent impliquant des services de renseignement hostiles, visant à ternir l’image du Maroc et à contrecarrer ses efforts pour démontrer que l’Afrique est capable d’organiser de grands événements sportifs internationaux, particulièrement quand certains pays hostiles cherchent à instrumentaliser ces événements.
Le communiqué du Cabinet Royal visait donc à clarifier la situation pour les Marocains, tout en envoyant un message politique, culturel et stratégique fort concernant la nature des relations du Maroc avec l’Afrique. Il s’inscrit dans la continuité du communiqué du ministère sénégalais des Affaires étrangères, qui a été mesuré après les incidents de la CAN.
Moussaoui Ajlaoui a aussi précisé que le communiqué vise à rassurer les alliés stratégiques du Maroc, car ces relations sont durables. Le Maroc s’engage dans des projets stratégiques à long terme, comme le gazoduc Nigeria-Maroc et l’initiative atlantique. Il a nuancé en soulignant que ce qui s’est produit ne doit pas être ignoré. Des sanctions sont déjà anticipées, comme la suspension de joueurs et des amendes dépassant 55.000 euros envers l’équipe d’Algérie.
Il a fait état de la maturité civique et institutionnelle du Royaume, notant que certains ont voulu instrumentaliser cette compétition à des fins politiques. Les incidents, notamment le comportement du sélectionneur sénégalais, devraient faire l’objet d’une enquête pour établir les responsabilités.
La Fédération Royale marocaine de football a déposé un dossier complet auprès des instances compétentes, y compris la FIFA, pour déterminer les responsabilités, notamment celle du sélectionneur. Moussaoui Ajlaoui a rappelé que l’État marocain a agi avec sagesse et a promu une image civilisée, tandis que le peuple marocain a été accueillant envers les supporters africains.
Il a souligné que les sanctions à venir seront une condamnation de toute politisation du sport. En conclusion, le chercheur a affirmé que les relations du Maroc avec les pays africains demeurent stratégiques, solides et profondément ancrées, comme l’a précisé le communiqué du Cabinet Royal : rien ne peut altérer la proximité cultivée entre les peuples africains ni la coopération fructueuse établie avec les pays du continent.

