France

Lait infantile : Pourquoi ne peut-on pas lier les décès aux boîtes contaminées ?

Depuis plusieurs semaines, Nestlé et Lactalis rappellent des boîtes de laits infantiles potentiellement contaminées à la bactérie « céréulide ». Une petite fille de 27 jours est morte le 23 décembre « dans les bras de sa mère » au domicile de celle-ci, près d’Angers, et un autre nourrisson, âgé de 13 jours, est décédé le 8 janvier à l’hôpital Haut Lévêque à Pessac.


Deux décès de nourrissons suscitent des interrogations, notamment sur un lait infantile potentiellement contaminé. Depuis plusieurs semaines, Nestlé et Lactalis rappellent à l’échelle mondiale, y compris en France, des boîtes de laits infantiles potentiellement contaminées par la bactérie « céréulide », qui peut provoquer des diarrhées et de violents vomissements, risquant d’être très dangereuse pour les bébés.

Parallèlement, deux nourrissons sont décédés de manière inexpliquée à quelques jours d’intervalle, près d’Angers et de Bordeaux. Bien que des enquêtes aient été ouvertes pour ces décès, un lien peut-il être établi avec le lait infantile qu’ils ont consommé ?

Une fillette de 27 jours est décédée le 23 décembre « dans les bras de sa mère » à son domicile, près d’Angers. Les premières investigations n’ont pas permis de déterminer l’origine de son décès. Le 20 janvier, la mère, informée des rappels, a vérifié et découvert que la poudre de lait utilisée pour nourrir son bébé « appartenait aux lots rappelés de la marque Guigoz ». Elle a alors contacté les enquêteurs, qui ont saisi la boîte pour analyse.

Le 7 janvier, un autre nourrisson, âgé de 13 jours, a été hospitalisé en urgence à l’hôpital Haut Lévêque à Pessac, en banlieue de Bordeaux, après que sa mère ait constaté « des troubles digestifs chez l’enfant ». Le bébé est décédé le lendemain. « Une fois sorti de la maternité, le nourrisson avait été alimenté entre le 5 et le 7 janvier 2026 avec un lait artificiel de marque Guigoz fait l’objet d’un rappel pour une possible contamination par la bactérie Bacillus Cereus », a déclaré Renaud Gaudeul, procureur de la République à Bordeaux.

Concernant la fillette décédée près d’Angers, le procureur Eric Bouillard a affirmé qu’il était « trop tôt pour conclure » à un lien entre le lait et le décès du nourrisson. Il a précisé que c’était « une piste sérieuse », mais qu’il était « beaucoup trop tôt pour dire que c’est la piste principale ». Pour le bébé décédé à Pessac, les autorités soulignent qu’il n’y a pas de « lien de causalité » établi entre sa mort et la consommation de lait en poudre.

Des examens complémentaires sont en cours pour les deux bébés. Des laboratoires ont été saisis « en urgence » pour analyser les laits en poudre retenus qui ont alimenté les enfants, afin de déterminer la présence ou non de la bactérie Bacillus Cereus dans ces lots.

En parallèle, une autopsie sera réalisée pour chaque bébé, par un médecin légiste ou un anatomopathologiste spécialisé. Des prélèvements toxicologiques et anatomopathologiques seront également effectués. Les résultats ne sont pas encore connus.

Si, après l’entretien, l’autopsie et les examens complémentaires, aucune explication n’est trouvée, on parle de mort subite du nourrisson. En France, selon des publications médicales et plusieurs rapports épidémiologiques, entre 30 et 50 % des cas de mortalité inattendue du nourrisson restent sans explication après enquête complète et sont ainsi classés comme mort subite du nourrisson.