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Après le Groenland, l’Europe se prépare à la crise Trump.

Les Européens se sont réunis jeudi soir à Bruxelles pour envoyer un message d’unité et trouver des solutions face aux provocations du président américain. Le Premier ministre groenlandais Jens-Frederik Nielsen a déclaré jeudi à Nuuk que la souveraineté et l’intégrité territoriale du Groenland constituent une « ligne rouge ».


Donald Trump a renoncé à ses ambitions concernant le Groenland, mais la prochaine crise pourrait survenir à tout moment. Face à cette incertitude, les Européens se sont réunis en urgence à Bruxelles jeudi soir pour exprimer leur unité et se préparer à d’éventuelles provocations de la part du président américain.

**Soulagés, mais pas dupes**

Après plusieurs semaines de tensions et de menaces, le président français Emmanuel Macron a déclaré que la relation transatlantique était revenue à une situation « beaucoup plus acceptable ». Cependant, il a insisté sur la nécessité de rester « vigilant », appelant les États-Unis à « respecter » l’Europe.

Les Vingt-Sept, cabossés par le président américain depuis son retour au pouvoir l’année dernière, ont entamé 2026 dans un état de choc, craignant que leur allié traditionnel puisse recourir à la force pour s’emparer d’un territoire autonome danois.

Bien que Trump ait, jusqu’à présent, écarté ce scénario et renoncé à imposer de nouveaux droits de douane sur plusieurs pays européens, suite à un « cadre » d’accord conclu mercredi à Davos, les dirigeants de l’UE restent prudents.

** »Cadre » d’accord**

À l’issue du sommet extraordinaire de jeudi, ils ont salué la décision de Donald Trump de renoncer à ses menaces tarifaires.

Toutefois, un diplomate européen a averti que « nous sommes à un tweet près de la prochaine crise ». Peu d’informations ont été divulguées concernant les conclusions de la réunion de mercredi entre le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte, et Donald Trump.

Le Premier ministre groenlandais, Jens-Frederik Nielsen, a exprimé son malaise en déclarant qu’il ne savait pas ce que contenait l’accord relatif à son pays, mais il a réitéré que la souveraineté et l’intégrité territoriale du Groenland constituaient une « ligne rouge ».

Une source proche des discussions a indiqué que les États-Unis et le Danemark allaient renégocier leur accord de défense sur le Groenland datant de 1951. À Bruxelles, la Première ministre danoise Mette Frederiksen a évité de commenter les détails de ces échanges, mais a souligné l’accord entre tous les pays de l’Otan pour maintenir une présence permanente de l’Alliance dans l’Arctique et autour du Groenland. Elle doit s’entretenir vendredi matin avec Mark Rutte, l’un des architectes de ce « cadre » d’accord.

** »Perdu » et « fragmenté »**

La question demeure : Trump a-t-il réellement fait marche arrière de manière définitive ? S’engagera-t-il à nouveau dans des différends avec les Européens concernant d’autres sujets, comme l’Ukraine ou ses tentatives de réformer l’ordre international avec son « Conseil de paix » ?

Les Vingt-Sept ont évoqué leurs « sérieux doutes » concernant cette instance, notamment en ce qui concerne sa compatibilité avec l’ONU, selon le président du Conseil européen Antonio Costa.

Depuis Davos, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a sévèrement critiqué ses alliés européens, qualifiant le continent de « perdu » et « fragmenté » face à Donald Trump, en raison d’un manque de « volonté politique ».

Un autre point crucial est la façon de réagir face à de nouvelles menaces du président américain. Antonio Costa a assuré que l’UE disposait des « outils nécessaires » pour protéger ses intérêts et se défendre contre « toute forme de coercition ». « Elle le fera si et quand cela sera nécessaire », a-t-il affirmé.

De nombreux responsables européens avancent que l’engagement d’une réponse forte de l’UE et l’utilisation de son arsenal commercial, dont certains comparent l’outil anticoercition à un « bazooka », a incité Donald Trump à changer d’avis concernant le Groenland. « La fermeté et l’unité de l’UE ont contribué à le faire changer de position », a déclaré une source diplomatique, notant également les pressions politiques internes aux États-Unis et la réaction des marchés boursiers.

La crise récente autour du Groenland « crée un acquis sur la manière dont nous pouvons agir efficacement dans ce type de situation », a exprimé un autre diplomate. Toutefois, il a averti : « Personne n’ira dire que la stabilité est rétablie » avec Donald Trump. « Il ne faut pas être surpris si des imprévus surviennent. »