Budget et accord des trois partis francophones : la solution d’Olivier Maingain à Bruxelles.
Olivier Maingain, ancien président du parti FdF devenu Défi et bourgmestre de Woluwe-Saint-Lambert, s’inquiète des répercussions sur les communes de Bruxelles de cette crise sans solution à ce jour. Selon lui, « Les trois premiers partis à Bruxelles, ça c’est la démocratie, doivent s’entendre », et il appelle à une volonté commune des partis francophones pour éviter la mise sous tutelle du fédéral.
Olivier Maingain, bien connu à Bruxelles, a été président du parti FdF devenu Défi, négociateur de l’accord de gouvernement à Bruxelles, député et bourgmestre de Woluwe-Saint-Lambert. Il exprime son inquiétude face aux conséquences de la crise actuelle sur les communes de Bruxelles, sans solution à l’horizon.
### Constat amer
« Je dis aux francophones que vous êtes faibles et les Flamands ne sont forts que de vos faiblesses », déclare-t-il, soulignant la gravité de la situation politique actuelle. Le bourgmestre de Woluwe-Saint-Lambert affirme que « la politique du pire n’est pas la pire des politiques pour certains, surtout avec leurs ambitions sur Bruxelles en ce qui concerne la cogestion que souhaitent certains ».
### Première solution : un budget
Pour Olivier Maingain, la priorité pour que Bruxelles se stabilise financièrement est de déposer un budget en urgence. « Rien n’interdit au gouvernement actuel de déposer le dernier budget validé par le Parlement régional, celui de 2024, et d’inviter tous les parlementaires à débattre d’un nouveau budget pour 2026 », explique-t-il. Ce budget devrait être modifié en tenant compte des « esquisses très avancées » qui, selon lui, n’ont jamais été rendues publiques. « C’est l’occasion de rendre public tout ce qui est sur la table », ajoute-t-il.
Il souligne que des secteurs entiers, tels que les sociétés de logements sociaux et le secteur associatif, sont proches de la faillite. Une commune pourrait même être amenée à supprimer une centaine d’emplois.
### Pistes d’économies budgétaires suggérées
Olivier Maingain estime qu’il est nécessaire de réaliser un milliard à un milliard deux d’économies. Il questionne la nécessité d’ajouter trois secrétaires d’État : « Je ne le crois pas ». Concernant le monde politique, il juge qu’« avec cinq ministres pour gérer la région de Bruxelles d’un million deux cent mille habitants, ça suffit ». Il préconise également de supprimer certains organismes, questionnant la nécessité des conseils d’administration à la Stib, à la Société Régionale du Logement ou à Actiris, et propose de les placer directement sous la tutelle du gouvernement.
### Deuxième solution : faire émerger une majorité francophone
Selon le président de LIB.RES, sortir de l’impasse bruxelloise pourrait aussi passer par la création d’une majorité francophone. Il appelle à une forme d’union ou à une entente pour sauver la région. « Il y a possibilité de faire émerger une majorité au sein du Parlement bruxellois, comme au sein du groupe linguistique francophone, à partir d’un accord entre les principaux partis francophones », affirme-t-il. Pour lui, les trois principaux partis doivent collaborer, et peut-être intégrer un quatrième parti pour renforcer cette majorité.
Il insiste sur l’importance que les trois premiers partis se mettent d’accord, malgré les difficultés relationnelles, afin de trouver une vision commune pour l’avenir de Bruxelles.
Olivier Maingain exhorte à un sursaut des francophones : « Les trois premiers partis à Bruxelles, ça c’est la démocratie, doivent s’entendre. […] S’il n’y a pas cette volonté de dépasser les conflits partisans, alors on se mettra en grande difficulté ».
Il conclut en affirmant qu’il ne faut pas envisager une tutelle fédérale, avertissant que « les Bruxelloises et les Bruxellois attendent de leurs décideurs politiques le sens des responsabilités. Et non pas la fuite en avant ».

