Belgique

STIB : conducteurs évaluent collègues féminines sur un groupe Whatsapp selon critères sexuels

La direction de la STIB a indiqué dans un courrier interne datant du mois de décembre qu’un groupe whatsapp privé classait des collègues féminines selon des critères sexuels et échangait des messages à caractère sexiste. La députée régionale bruxelloise Les Engagés Sofia Bennani a transmis ce courrier à la DH et a précisé que ce n’est pas la première fois que la direction aborde la question de ce groupe whatsapp, qui est effectivement illégal et qui existait toujours malgré les nombreux rappels.


Des faits « extrêmement graves, totalement inacceptables et contraires à nos valeurs » : c’est ce qu’a indiqué la direction de la STIB dans un courrier interne de décembre, après avoir découvert l’existence d’un groupe WhatsApp privé à contenu polémique. Dans ce groupe, des conducteurs de la société, au sein du département métro, classaient leurs collègues féminines selon des critères sexuels. Des messages à caractère sexiste étaient également échangés, d’après les informations révélées par nos confrères de la DH.

Dans ce courrier, la direction de la STIB (la Business Unit Metro) précise que ces comportements peuvent entraîner des sanctions légales allant jusqu’à 48 000 euros d’amende et jusqu’à trois ans de prison. Le harcèlement sexuel et les comportements sexistes peuvent également mener à des sanctions immédiates, y compris un licenciement pour faute grave.

Une enquête interne a été ouverte, et plusieurs collaborateurs impliqués dans cette affaire ont été convoqués. La STIB préfère ne pas fournir plus de détails.

La députée régionale bruxelloise Les Engagés, Sofia Bennani, qui a transmis le courrier interne à la DH, qualifie ces faits de « totalement scandaleux. » Contactée ce vendredi par la RTBF, elle explique avoir été informée par un lanceur d’alerte. « J’étais totalement abasourdie. Je n’ai pas eu accès aux messages en tant que tels mais à la note interne. Celle-ci est parfaitement rédigée. Elle mentionne que ce n’est pas la première fois que la direction aborde la question de ce groupe WhatsApp, qu’il est effectivement illégal et que malgré les nombreux rappels, ce groupe existait toujours. »

Des sanctions sévères

« La proportion de conductrices est très faible, surtout pour celles travaillant dans le métro », souligne la députée. « Au Parlement régional, nous discutons souvent de l’accessibilité des transports en commun pour les femmes, des problèmes de harcèlement et des difficultés auxquelles font face les femmes pour utiliser les transports en commun à certaines heures… Et pendant ce temps, certains conducteurs de métro de la STIB se comportent de manière inappropriée et adoptent un sexisme primaire à l’égard de conductrices qui sont déjà en minorité. »

La députée appelle à des sanctions « sévères ». « Nous sommes en 2026. Les conductrices sont minoritaires dans tous les départements, mais elles ne doivent ni craindre pour leur sécurité ni être classées selon des critères sexuels dans un groupe WhatsApp. Cela n’est pas légal et ne correspond pas à l’image que la STIB souhaite projeter. Le personnel a un devoir moral. »