Matthieu Pigasse : « Je ne protège pas l’indépendance, Bolloré la piétine »
Matthieu Pigasse déclare : « Il est trop tôt pour dire ce que je ferai » en réponse à une question sur sa candidature à l’élection présidentielle en 2027. Lors des dernières mesures d’audience radiophonique en France, Radio Nova signait l’une des progressions les plus nettes en termes de part d’audience.

Matthieu Pigasse a déclaré : « Je n’exclus rien » lorsqu’on lui a demandé s’il envisageait de se porter candidat à l’élection présidentielle de 2027. L’homme d’affaires précise cependant : « Il est trop tôt pour dire ce que je ferai. Mais le combat est tellement important, à mon sens, en 2027 dans le cas de la France, qu’on ne peut pas rester les bras ballants à côté du chemin et regarder ce qui se passe. Il y a une forme de choc civilisationnel et culturel qui est en train de s’opérer et il faut s’engager.«
L’engagement est un concept familier pour ce banquier, qui dirige un groupe de presse incluant Le Monde, Radio Nova et les Inrocks. Depuis plusieurs années, il mène une « bataille culturelle » qu’il décrit comme « une lutte pour imposer via les médias, quels que soient ces médias, ses idées, ses valeurs, ses thèmes, ses expressions, ses mots, c’est-à-dire son regard sur le monde. C’est au fond l’objectif de gagner la bataille des idées et des images, la bataille des imaginaires, pour gagner la bataille électorale.«
Dans cette lutte culturelle, l’adversaire de Matthieu Pigasse est « la droite radicale qui mène cette bataille avec des médias très forts, très coordonnés, très efficaces, qui matraquent tout au long de la journée les mêmes obsessions qui sont les leurs, les mêmes fantasmes. » Il cite notamment l’exemple de CNews, qu’il considère comme une « organisation politique avec des studios.«
Pas le Vincent Bolloré de gauche
Matthieu Pigasse refuse toutefois d’être comparé à Vincent Bolloré à gauche. « C’est une référence qui revient souvent en effet et qui m’agace énormément. Tout nous oppose s’agissant des valeurs et des idées. » Il admet utiliser des stratégies similaires à celles du milliardaire, propriétaire d’Europe 1 et de CNews, mais précise qu’il ne les applique pas de la même manière.
Il déclare : « Vincent Bolloré est en permanence en train d’intervenir sur ses chaînes, sur ses médias et sur le contenu de ses émissions. Moi, je suis extrêmement soucieux de l’indépendance des rédactions et nous avons mis en place des chartes et des textes qui garantissent l’indépendance des rédactions. Donc ça, c’est la première différence fondamentale dans le rapport aux médias, le rapport à l’indépendance. Moi, je la respecte et je la protège, il la piétine.«
Il ajoute : « La deuxième différence fondamentale, très importante, c’est le rapport aux faits. Moi, je dis que le journalisme, ce sont des faits qu’on vérifie. Lui, il n’est en aucun cas, à travers ses médias, dans les faits.«
« Ne jamais se résigner »
Début 2026, Matthieu Pigasse met en avant un danger croissant, celui de « le spectre de cette droite radicale gagnant en Europe de plus en plus. Avec tout ce que ça signifie pour les libertés et les droits qui sont les nôtres. Et ce qui porte ce danger, ce qui le fait courir, ce sont en effet les médias. Il faut donc répondre à ces médias d’extrême droite et à cette bataille culturelle.«
Lors des dernières mesures d’audience radiophonique en France, Radio Nova a enregistré une des plus fortes progressions en termes de part d’audience. Bien que la radio ait peu d’émetteurs, elle compte désormais l’humoriste Guillaume Meurice parmi ses animatieurs. « Ça montre qu’il y a besoin, nécessité, d’entendre un discours différent et alternatif. Et donc, vous voyez, il ne faut jamais se résigner, tout n’est pas perdu » conclut Matthieu Pigasse.

