Le « Starlink » de Jeff Bezos prévoit un débit mondial de 6 TBit/s.
TeraWave est un réseau de 5 408 satellites destiné aux entreprises et au déploiement prévu au quatrième trimestre 2027. Le système promet des vitesses de 144 GBit/s en utilisant la bande Q/V mais présente des défis techniques en raison de sa sensibilité aux conditions météorologiques.

Jeff Bezos continue d’innover, potentiellement en raison de ses ressources financières conséquentes. Tandis que son autre société, Amazon, est déjà engagée dans le projet Kuiper, le milliardaire utilise sa société Blue Origin pour dévoiler TeraWave. De plus, le calendrier est ambitieux : le déploiement est prévu pour le quatrième trimestre 2027.
Il s’agit d’une constellation de 5 408 satellites qui opéreront à la fois en orbite basse (LEO) et en orbite moyenne (MEO). L’objectif n’est pas d’apporter une connexion Internet à votre maison de campagne, mais de servir de « dorsale » (backhaul) pour les entreprises, les gouvernements et les centres de données.
La physique a ses raisons que Bezos ignore ?
Quant à la technologie adoptée, pour atteindre la vitesse de 144 GBit/s en liaison radio, TeraWave prévoit d’utiliser la bande Q/V. En résumé : il s’agit de fréquences très élevées. L’avantage ? Une rapidité impressionnante. L’inconvénient ? Même une petite pluie peut bloquer le signal comme un mur de briques.

Comme l’expliquent les experts, ce concept présente des défis tant techniques qu’économiques. La fabrication d’antennes capables de gérer ces fréquences nécessite une précision extrême et est onéreuse. En outre, les stations au sol auront recours à la bande E, qui est encore plus affectée par les conditions météorologiques. En d’autres termes : si la pluie tombe, votre connexion qui pourrait valoir des milliards risque de se dégrader.
De plus, pour établir la liaison optique « magique » de 6 TBit/s, Blue Origin envisage d’utiliser des lasers pour communiquer entre l’espace et la Terre.
Cependant, les lasers ne pénètrent pas les nuages. Cette technologie ne peut fonctionner de manière fiable que lorsque le ciel est complètement dégagé. S’appuyer sur des conditions météorologiques favorables pour une infrastructure critique destinée aux gouvernements peut sembler, disons, assez risqué.
Blue Origin semble promettre l’impossible avec une complexité opérationnelle élevée, le tout pour un marché de niche qui n’est estimé qu’à 100 000 clients entreprises. L’équation économique peut donc sembler instable tout comme l’équation physique.
Cependant, il existe une dimension stratégique. Des rumeurs circulent depuis plusieurs mois concernant le désir de Bezos de fusionner le projet Kuiper d’Amazon avec les activités spatiales de Blue Origin. TeraWave pourrait servir de levier dans ce processus, ou constituer une manière de perturber une potentielle introduction en bourse de SpaceX en promettant des technologies « supérieures » aux investisseurs.

