Gouvernement Bruxellois : le PS demande le retour d’Yvan Verougstraete.
19 mois après les dernières élections régionales, le dernier formateur Yvan Verougstraete abandonne. Le président des Engagés n’est pas parvenu à mettre sur pied le gouvernement Guinness à Bruxelles comme il l’aurait souhaité.
19 mois après les dernières élections régionales, Yvan Verougstraete, le dernier formateur, se retire. Le président des Engagés n’a pas réussi à constituer le gouvernement Guinness à Bruxelles comme il l’avait espéré. « Face aux nouvelles exigences de l’Open Vld (Anders) et au refus du ministre du budget de participer aux négociations visant à mettre en place les réformes pourtant indispensables pour relever Bruxelles et doter la région d’un budget crédible, nous devons constater que les conditions de la réussite de notre initiative ne sont pas présentes », a déclaré le parti dans un communiqué.
Durant ces 600 jours de pourparlers, d’autres partis ont aussi exprimé leur volonté de ne pas travailler avec certains d’entre eux. Par exemple, le PS et Défi ne veulent pas collaborer avec la N-VA, le MR refuse le PTB, et la majorité des partis ne souhaitent pas inclure la Team Fouad Ahidar dans une coalition…
Cependant, ces partis seraient-ils prêts à faire un pas en arrière pour résoudre la crise politique ?
Pour Défi, la réponse est négative. « Notre position est connue concernant la N-VA, non pas par rapport aux personnes mais par rapport au programme du parti », a justifié la députée bruxelloise Cécile Jodogne (Défi). « Ce programme vise à établir un État flamand seul, qui prendrait la forme du confédéralisme, et cela signifierait la disparition de Bruxelles. »
Le PS adopte un point de vue similaire. « Croire que le blocage actuel est dû au refus du PS de travailler avec la N-VA est un déni de la réalité politique. Je comprends le ras-le-bol des Bruxellois, mais la réalité, c’est qu’il faut des compatibilités », affirme la députée régionale Karine Lalieux (PS). « Quand on élabore un projet pour les Bruxellois, il doit être compatible. Avoir un projet qui nie la réalité de la Région bruxelloise n’est pas possible. Entre francophones, le PS s’est allié avec le PTB, mais la N-VA ne souhaite pas s’unir avec le PTB. »
« Ils doivent respecter les règles et discuter avec nous ! » a rétorqué la ministre régionale flamande en charge des affaires bruxelloises, Cieltje Van Achter (N-VA). « Le souci, c’est que certains politiques ne discutent pas. Nous avions une majorité flamande avec Groen, la N-VA, l’Open-VLD (Anders), le Cd&V et Vooruit, et une majorité francophone avec le PS, le MR et les Engagés. Il fallait respecter ça et se réunir autour de la table pour négocier en novembre 2024. »
En ce qui concerne la possibilité pour la N-VA de négocier avec le PTB, elle a déclaré : « la question ne sert à rien puisque le PTB n’est pas dans la majorité. »
Il est crucial d’appeler à un gouvernement d’union régionale et de mettre fin aux exclusives des partis qui ne souhaitent pas collaborer avec d’autres, a souligné la politologue Fatima Zibouh, membre du collectif citoyen « We are Brussels ». « Il faut se concentrer sur une urgence qui est le budget. Les institutions ne reflètent plus la sociologie de la population bruxelloise, c’est le cœur du problème. Ce n’est pas un problème conjoncturel, mais structurel. Si nous ne le résolvons pas maintenant, cela s’aggravera d’ici les élections de 2029. Bruxelles doit être repensé par, pour et avec les Bruxellois, qu’ils soient néerlandophones ou francophones. Nous appelons à organiser une assemblée citoyenne avec les Bruxellois pour recueillir leur opinion et effectuer des réformes institutionnelles. »
Une question demeure : qui pourrait succéder à Yvan Verougstraete en tant que formateur ? « Peut-être Ahmed Laaouej », a suggéré Cieltje Van Achter. Pour les autres représentants des partis présents lors du débat « QR le débat » ce mercredi, la réponse est claire : « Je demande qu’Yvan Verougstraete recommence à travailler avec les équipes qui étaient autour de la table et qu’Anders (ex-Open VLD) se ressaisisse », a déclaré Karine Lalieux. « Je demande que le ministre Anders, responsable du budget bruxellois et de son déficit, collabore avec nous. » La réponse de Défi est identique. « L’appel est entendu, et je le transmettrai », a conclu la ministre présidente de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Elisabeth Degryse (Les Engagés).

