Belgique

Mercosur : le multilatéralisme reste le vrai gagnant, quel que soit le résultat.

Le Mercosur est un traité commercial qui lie cinq pays d’Amérique du Sud avec l’Europe. Les apports commerciaux pour l’Europe découlant de ces échanges avec l’Amérique du Sud sont estimés à + 0,3% pour l’économie européenne.


Le Mercosur est un traité commercial qui unit cinq pays d’Amérique du Sud avec l’Europe. Pourtant, ce traité est également lié à l’Amérique du Nord, en particulier aux États-Unis sous la présidence de Donald Trump.

Les négociations sur le traité du Mercosur, débutées à la fin des années 1990 puis quelque peu abandonnées, ont repris en 2016, année de la première élection de Donald Trump. Lorsque la Maison Blanche adopte un protectionnisme marqué, l’Europe panique et cherche de nouveaux alliés. En 2025, lorsque Donald Trump redevient président des États-Unis, Ursula Von Der Leyen intensifie la pression pour que le traité soit conclu.

Cependant, il convient de rester réaliste : les marchés du Mercosur et des États-Unis ne sont pas comparables. Les bénéfices commerciaux pour l’Europe résultant de ces échanges avec l’Amérique du Sud sont estimés à une hausse de 0,3% pour l’économie européenne. Si cela ne représente pas une transformation majeure, cela symbolise néanmoins un renforcement des relations commerciales, comme le souligne Frédéric Rohart : « L’Union européenne essaie et d’ailleurs conclut des accords avec le Mexique, avec d’autres. Et ce sont ces petits pourcents en plus qui s’additionnent les uns aux autres qui assurent la stabilité de l’économie européenne à long terme, en tout cas sur son volet extérieur. »

Au-delà de ses contributions économiques directes, plusieurs analystes insistent sur le message positif que l’achèvement de cet accord envoie dans un monde où la loi du plus fort semble prédominer. Jean-Christophe Dehalu, directeur du pôle compétences chez AKT, qui représente les entreprises wallonnes, déclare : « La taille des marchés n’est pas du tout comparable, mais on peut se féliciter que des accords de ce type-là, qui s’appuient sur une conception du libre-échange qui est saine et positive et dans l’intérêt des deux parties, restent sur la table du champ politique aujourd’hui. »

Olivier Hanrion souligne que le véritable gagnant du Mercosur est le multilatéralisme : « Avec cet accord, les Européens veulent aussi, et c’est pour ça qu’il est important aux yeux de la Commission européenne, montrer que ce sont des partenaires fiables et qu’on peut faire du commerce, non pas à travers un rapport de force, mais sur une base de négociations, sur une base d’entente. Et ça, c’est quelque chose, effectivement, qu’on n’a plus l’habitude d’entendre quand on voit que dès que le président américain n’est pas satisfait d’une politique menée dans l’Union européenne, il menace d’augmenter les droits de douane. »

En outre, le rapprochement avec l’Amérique du Sud, riche en métaux précieux et en terres rares, permet à l’Europe de diversifier ses sources d’approvisionnement et de se distancier de la Chine.

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