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Racket, menace, fausse mansuétude : Trump à Davos, comme un parrain

Le président américain a déclaré à Davos que l’Europe ne va pas dans la bonne direction et a affirmé qu’elle a gâché son potentiel à cause de l’immigration massive. Selon Richard Werly, l’attitude de Trump est qualifiée de racket, et il a déclaré : « Il n’y a qu’une issue à la négociation, c’est lui donner ce qu’il demande. »


À Davos, le président américain a exprimé des critiques sévères à l’égard de l’Europe, qu’il considère mal orientée et ayant dilapidé son potentiel en raison de l’immigration massive. Il a également affirmé que l’Europe serait incapable de défendre le Groenland et que seule l’Amérique pouvait le faire, répétant que ce territoire gelé pourrait être acquis en échange de la paix mondiale.

Richard Werly, journaliste et auteur de « Cette Amérique qui nous déteste », qualifie l’attitude de Trump de racket. Il s’inquiète de cette position : « En résumé, ce que dit Donald Trump c’est : payez. Obéissez, sinon… Il s’est comporté littéralement comme un parrain, comme le protecteur du monde en fait. Les États-Unis, pour lui, protègent la paix mondiale, protègent l’économie mondiale et, à ce titre, méritent qu’on leur cède des territoires. Il a quand même demandé le titre de propriété du Groenland, excusez du peu, et il demande surtout qu’on le paye sous forme de droits de douane ou autres. C’est donc un racket généralisé, mais qu’il justifie au nom de la sécurité mondiale. »

Trump, dans ses discours, manie l’art de flatter avant d’insulter et de menacer, particulièrement envers l’Europe. Il a déclaré : « J’aime l’Europe et je veux voir l’Europe bien se porter. Mais elle ne va pas dans la bonne direction. » Pour lui, il estime agir dans l’intérêt de l’Europe tout en exprimant sa dominance sur l’Asie. Selon lui, « Trump se voit comme l’héritier de la puissance américaine qui a remporté la Seconde Guerre mondiale. C’est comme si, pendant cette période, les Américains n’avaient touché aucun dividende de la paix. C’est maintenant lui qui a l’intention de les encaisser. » Son raisonnement à propos de l’OTAN en découle.

Il considère que le financement de l’OTAN repose sur les États-Unis et qu’il est temps de « renvoyer l’ascenseur ». Richard Werly commente : « C’est étonnant, la manière dont il parle de l’OTAN. Il en parle comme si c’était une organisation étrangère qui, en quelque sorte, avait été imposée aux États-Unis. On est donc franchement dans une réalité complètement virtuelle. »

En ce qui concerne la solidité du lien transatlantique, Werly nuance : « Je n’en suis pas sûr. Parce qu’en homme d’affaires, Donald Trump laisse toujours une porte ouverte. Il a expliqué qu’il n’allait pas recourir à la force. Alors, on peut imaginer qu’un certain nombre de pays européens seront heureux d’avoir entendu ça. Mais derrière, il a demandé le titre de propriété du Groenland. Donc, c’est toujours la même chose avec lui. Il menace. Ensuite, il se rétracte légèrement pour laisser place à la négociation. Mais en fait, vous l’avez compris, il n’y a qu’une issue à la négociation, c’est lui donner ce qu’il demande. »