Venezuela : la présidente par intérim rencontre Trump aux États-Unis.
La présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez, devrait se rendre aux Etats-Unis pour une visite à Donald Trump, a indiqué mercredi un représentant de la Maison-Blanche à la presse, sans préciser de date. Selon les ONG, environ 150 personnes sur plus de 800 détenus auraient été relâchées.
La présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez, se rendra aux États-Unis pour rencontrer Donald Trump, selon un représentant de la Maison-Blanche qui s’est exprimé mercredi, sans préciser la date de cette visite. Ancienne vice-présidente de Nicolás Maduro, capturé le 3 janvier par les forces américaines, elle fait toujours l’objet de sanctions américaines.
Lors d’une prise de parole devant des élus locaux, Delcy Rodriguez n’a pas fait allusion directe à cette invitation, mais a déclaré : « Nous sommes dans un processus de dialogue, de travail avec les États-Unis, sans aucune crainte, pour affronter les divergences, les difficultés, les plus sensibles et les moins sensibles, pour les aborder par la voie de la diplomatie ». Cette visite marquerait la première venue d’une dirigeante vénézuélienne aux États-Unis depuis plus de vingt-cinq ans, hormis les présidents assistant aux réunions de l’ONU à New York.
Pas de visite officielle depuis les années 90
Cette situation témoigne de l’approche pragmatique adoptée par Donald Trump vis-à-vis de Caracas, ayant déclaré qu’il « travaillait » avec Delcy Rodriguez, tout en s’intéressant au pétrole. Toutefois, le président américain a également suggéré qu’il désirait « impliquer » la cheffe de l’opposition vénézuélienne, Maria Corina Machado, dans la direction du pays.
Cet événement revêt une grande importance sur le plan diplomatique : la dernière rencontre officielle entre un président vénézuélien et un président américain date des années 1990, lors d’un entretien entre Carlos Andres Perez et George H. W. Bush (père). Le texte souligne que l’arrivée au pouvoir d’Hugo Chavez a par la suite conduit à une détérioration des relations, devenues rapidement conflictuelles.
Accords sur le pétrole et libération d’opposants
Investie le 5 janvier, deux jours après la capture de Nicolás Maduro, Delcy Rodriguez aurait effectué de nombreuses concessions sous pression américaine, Donald Trump ayant menacé d’une nouvelle attaque en cas de refus. Elle a notamment signé des accords sur le pétrole, promis des libérations de détenus politiques, écarté Alex Saab des cercles du pouvoir, et promis des réformes législatives pour faciliter les investissements, tandis que les vols d’expulsions de migrants des États-Unis vers le Venezuela ont repris.
Selon des ONG, les libérations de prisonniers politiques demeurent toutefois limitées : environ 150 personnes sur plus de 800 détenus auraient été relâchées. « On attend avec foi et espoir tout en travaillant à ce que Javier (Tarazona) sorte rapidement », a déclaré Rafael Tarazona, frère du militant des droits de l’Homme arrêté en juillet 2021. De son côté, Diego Casanova, du Comité pour la libération des prisonniers politiques, estime que « l’engagement de libérer tous les prisonniers politiques au Venezuela n’a toujours pas été tenu ».

