Maroc

IA industrielle : un levier stratégique sous-exploité dans les économies émergentes

L’intelligence artificielle (IA) est décrite comme un levier stratégique majeur de transformation industrielle par Mehdi Snene, responsable du programme IA et numérique à l’Organisation des Nations unies (ONU), lors d’une conférence à Casablanca. WAM Morocco, qui a ouvert ses portes mardi à Casablanca, réunit plus de 100 entreprises participantes issues de plus de 18 pays, dont les États-Unis, le Portugal et l’Espagne.


L’intelligence artificielle (IA) se présente comme un levier stratégique essentiel pour la transformation industrielle, offrant aux économies émergentes une occasion décisive d’amélioration et de renforcement de leur compétitivité, a déclaré, mardi à Casablanca, Mehdi Snene, responsable du programme IA et numérique à l’Organisation des Nations unies (ONU).

Lors d’une conférence organisée en marge de la première édition du World Advanced Manufacturing & Future Mobility Exhibition (WAM Morocco), qui traite des enjeux de la souveraineté numérique et de la gouvernance technologique, l’expert a souligné l’importance de faire évoluer le développement de l’IA selon une approche globale et souveraine.

Cette technologie représente, tout comme le changement climatique, un défi mondial nécessitant une coordination internationale, a-t-il noté. M. Snene a indiqué que les Nations unies avaient franchi une étape importante avec l’adoption du « Global Digital Compact », le premier accord multilatéral établissant un cadre commun pour la gouvernance du numérique et de l’IA, selon l’agence MAP.

Il a aussi mis en lumière l’ampleur de la transformation industrielle apportée par l’IA, précisant que cette technologie ne se limite pas à l’automatisation de certaines tâches, mais redéfinit l’ensemble de la chaîne de valeur industrielle, couvrant la conception des processus de production, la maintenance prédictive, le contrôle qualité, ainsi que l’optimisation énergétique.

WAM Morocco, organisé par Kaoun International, une filiale du Dubai World Trade Centre (DWTC), réunit un impressionnant éventail de leaders industriels mondiaux qui font leur première apparition dans une exposition manufacturière au Maroc, illustrant une confiance internationale sans précédent dans l’émergence du Royaume comme hub stratégique pour l’Industrie 4.0 et la fabrication intelligente en Afrique.

En collaboration avec GITEX Africa, cet événement mondial de fabrication avancée et de mobilité du futur bénéficie de l’un des écosystèmes technologiques les plus influents au monde, cherchant à positionner le Maroc comme un épicentre continental pour l’Industrie 4.0 et la transformation industrielle avancée.

Le WAM Morocco, qui a ouvert ses portes mardi à Casablanca, marque les débuts au Maroc de SAP, Sumitomo Corporation, ENGIE, Vigel et Zoho Corporation, rejoignant plus de 100 entreprises participantes provenant de 18 pays, incluant les États-Unis, le Portugal, l’Espagne, la France, l’Arabie Saoudite, les Émirats Arabes Unis, le Vietnam, les Pays-Bas et l’Italie.

Lors de la cérémonie d’ouverture, Chakib Achour, directeur général de Kaoun International, a indiqué que cette première édition se veut une vitrine du futur de l’industrie et de la mobilité, avec l’ambition d’accompagner la transformation profonde des modèles industriels.

Il a précisé que le salon rassemble de grands groupes industriels internationaux, ainsi que des entreprises spécialisées dans les solutions digitales, l’IA et les technologies de l’information, sur la base de la convergence entre innovation, digitalisation et industrie manufacturière.

M. Achour a également souligné la forte présence de startups et d’investisseurs, annonçant une compétition visant à récompenser les trois meilleures startups, pour insuffler une nouvelle dynamique à la transformation industrielle.

Alex Nicholl, vice-président de DWTC, a pour sa part souligné que le choix du Maroc pour accueillir cette première édition repose sur son positionnement géostratégique et son rôle croissant dans les chaînes de valeur industrielles régionales.

« Nous ne sommes pas ici pour dresser un état des lieux du passé, mais pour envisager les dix prochaines années de l’industrie et de la mobilité, » a-t-il déclaré.

M. Nicholl a ajouté que le salon met en avant des technologies disruptives destinées à façonner l’avenir de la fabrication avancée et de la mobilité du futur, tout en favorisant des connexions structurées entre acteurs économiques.