Abdeljalil Lahjomri : réflexion sur transformation numérique et vivre-ensemble
Le Secrétaire perpétuel de l’Académie du Royaume du Maroc, Abdeljalil Lahjomri, a affirmé, lundi à Rabat, que la transformation numérique accélérée impose une réflexion profonde sur les conditions du vivre-ensemble au sein des différentes sociétés et communautés. Le 3e Sommet des jeunes africains et euro-méditerranéens, organisé par l’Université Euromed de Fès, se consacre au civisme et au pluralisme des valeurs, et réunit des jeunes représentant plus de quarante nationalités, ainsi qu’experts et enseignants-chercheurs.
La transformation numérique rapide nécessite une réflexion approfondie sur les conditions du vivre-ensemble dans les diverses sociétés et communautés, a affirmé lundi à Rabat, le Secrétaire perpétuel de l’Académie du Royaume du Maroc, Abdeljalil Lahjomri.
Il a indiqué qu’au-delà de leur contribution à l’élargissement des champs d’expression, les nouveaux outils de communication refaçonnent profondément la conscience morale et les formes d’appartenance. M. Lahjomri a souligné que cela favorise l’émergence de communautés transnationales imaginées, lors du 3e Sommet des jeunes africains et euro-méditerranéens, organisé par l’Université Euromed de Fès, sous le thème « Civisme et pluralisme des valeurs : repenser le vivre-ensemble ».
Face à ce constat, il est crucial de passer du paradigme traditionnel du contrat social, fondé sur l’échange d’intérêts, à un « contrat axiologique » qui établit les relations sur la reconnaissance continue de la fragilité humaine partagée et sur un engagement éthique plaçant la dignité au cœur de la gestion des différences. Cet événement, sous la supervision de la Chaire des Nations unies pour l’Alliance des Civilisations (UNCAC) et de l’Alliance des Civilisations des Nations unies (UNAOC), en partenariat avec l’Académie du Royaume du Maroc et l’Académie Hassan II des Sciences et Techniques, vise à créer un espace de débat pour enrichir les idées, rapprocher les points de vue et ouvrir de nouvelles perspectives afin de traduire les valeurs du vivre-ensemble en politiques publiques et en initiatives concrètes, susceptibles de renforcer la confiance et de consolider la paix sociale.
De son côté, le Secrétaire perpétuel de l’Académie Hassan II des Sciences et Techniques, Omar Fassi Fihri, a souligné le lien indissociable et complémentaire entre civisme et pluralisme des valeurs dans la construction d’une société équilibrée et harmonieuse. Il a rappelé que la science et la technologie entraînent des transformations profondes dans les modes de vie, de pensée et d’action, influençant durablement les sphères de l’éducation, de la communication et du travail.
M. Fassi Fihri a noté que lorsque ces mutations sont encadrées par des valeurs civiques telles que le respect, la responsabilité et la solidarité, elles deviennent des vecteurs puissants de progrès social. Il a estimé que l’essor scientifique et technologique ne serait pas en mesure de produire pleinement ses effets bénéfiques sans un solide ancrage dans l’éducation aux valeurs civiques.
Dans cette même lignée, le président de l’Université Euromed de Fès et chancelier de l’Académie Hassan II des Sciences et Techniques, Mostapha Bousmina, a insisté sur le fait que le civisme ne doit pas être perçu comme une simple construction théorique, déconnectée des réalités nationales, mais comme un enjeu stratégique crucial pour garantir un développement durable, inclusif et harmonieux.
M. Bousmina a évoqué les avancées majeures réalisées par le Maroc au cours des dernières décennies grâce à la vision éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, ajoutant que la consolidation de ces acquis nécessite aujourd’hui l’ouverture d’un chantier structurant, celui de « l’édification de l’humain ». Il a ensuite appelé à l’élaboration d’un plan axé sur la généralisation de l’éducation civique à tous les niveaux d’enseignement, la promotion d’une culture civique par le biais des médias, le renforcement du rôle de la société civile, ainsi que l’implication des intellectuels dans la création d’une morale nationale puisant dans les référents culturels marocains.
Pour sa part, le Haut Représentant des Nations unies pour l’UNAOC, Miguel Ángel Moratinos, a souligné l’importance d’accorder une attention particulière à la paix, qui est une condition sine qua non pour tout développement durable, ainsi qu’aux défis posés par l’intelligence artificielle. Il a appelé à une vigilance renforcée concernant la gouvernance démocratique des algorithmes et à la centralité de l’humain dans leur conception.
Ce sommet, centré sur le civisme et le pluralisme des valeurs, vise à engager un débat approfondi entre les jeunes pour repenser le vivre-ensemble. Le thème choisi s’inscrit parfaitement dans la vocation intellectuelle des institutions organisatrices et dans la volonté d’ériger cette rencontre sous le signe d’un engagement civique porteur d’avenir.
Le sommet rassemble des jeunes de plus de quarante nationalités, aux côtés d’experts et d’enseignants-chercheurs. Plusieurs thématiques sont abordées, notamment la jeunesse marocaine unie autour du Sahara, la solidarité et la citoyenneté active au service de l’unité nationale, ainsi que les manifestations de la crise du civisme et des valeurs, et enfin le lien humain à l’épreuve de l’hyper connectivité.

