France

Enquête sur les laits infantiles Nestlé après le décès d’un bébé

Les autorités sanitaires françaises ont indiqué que des investigations étaient en cours après le décès d’un bébé ayant consommé du lait infantile produit par Nestlé. Le ministère de la Santé rappelle que « les personnes qui auraient acheté les lots rappelés, listés sur le site de RappelConso, sont appelées à ne plus les consommer ».


Les autorités sanitaires françaises ont annoncé mardi qu’une enquête était en cours suite au décès d’un bébé ayant ingéré du lait infantile fabriqué par Nestlé. Ce produit fait l’objet d’un large rappel, bien qu’un lien direct ne puisse pas être établi à ce stade.

« À ce jour, seul un signalement concernant une situation grave nécessitant des investigations épidémiologiques a été signalé à la Direction générale de la Santé et concerne le décès d’un nourrisson », a précisé à l’AFP le Centre de crises sanitaires, un service du ministère de la Santé, confirmant des informations de Radio France et d’Ouest France. « L’enquête épidémiologique et alimentaire est toujours en cours », a ajouté cette source, qui a insisté sur le fait que « l’imputabilité de ce décès à la consommation du produit incriminé dans le rappel n’est pas établie à ce stade ».

### Troubles digestifs et complications

Nestlé, le géant suisse de l’agroalimentaire, a mis en place depuis plusieurs semaines un important rappel de laits infantiles des marques Guigoz et Nidal en raison de la présence potentielle de la bactérie Bacillus cereus, qui peut entraîner des troubles digestifs, tels que diarrhées et vomissements, pouvant engendrer des complications sévères. Ce rappel concerne désormais une soixantaine de pays, dont la France. Le directeur de Nestlé, Philipp Navratil, a présenté des excuses à mi-janvier, alors que le groupe est critiqué par plusieurs ONG pour avoir mis du temps à agir. « Je tiens à vous rassurer sur le fait qu’aucun cas de maladie liée aux produits touchés n’a été confirmé jusqu’à présent », a-t-il souligné, insistant sur le fait que le rappel était une mesure « de précaution ».

Le ministère de la Santé précise qu’après le rappel, les centres antipoison et les agences régionales de santé ont reçu des sollicitations de la part de parents. Des familles ont également partagé leurs témoignages dans les médias : sur Radio France, une mère rapporte avoir dû emmener aux urgences son bébé de deux mois en décembre en raison de « fièvre » et de « vomissements ». Après plusieurs jours d’hospitalisation, l’enfant revient chez lui, mais ses troubles digestifs persistent, jusqu’à ce que sa mère réalise début janvier que « trois » de ses boîtes de lait sont visées par le rappel.

Le ministère de la Santé appelle les personnes ayant acheté les lots concernés, listés sur le site de RappelConso, à ne pas les consommer et à contacter le service consommateur au 0800100409. Interrogée par l’AFP, Nestlé France a déclaré mardi ne pas être au courant de cas avérés de maladie ou de décès liés à la consommation de leur lait infantile.