Trump arrive en retard à Davos pour rencontrer les Européens.
Le dirigeant a été contraint de faire demi-tour à Washington en raison d’un « problème électrique mineur » affectant l’avion présidentiel Air Force One, selon la porte-parole Karoline Leavitt. M. Trump a annoncé qu’il tiendrait plusieurs réunions sur le Groenland lors de son voyage à Davos, où son discours est prévu à 14h30 (13h30 GMT).
Parti en soirée de Washington, le dirigeant a été contraint de faire demi-tour en raison d’un « problème électrique mineur » ayant affecté l’avion présidentiel Air Force One, a déclaré sa porte-parole Karoline Leavitt. Ce dernier doit reprendre son voyage à bord d’un autre appareil.
Avant son départ pour le Forum économique mondial dans la station chic de Suisse, M. Trump a vivement critiqué les Européens au sujet du Groenland, cette vaste île danoise autonome qu’il convoite. Interrogé sur les moyens qu’il serait prêt à envisager pour en prendre le contrôle, Donald Trump a déclaré : « Vous le découvrirez. » Cependant, au moment de quitter la Maison Blanche pour prendre l’avion mardi, il a avoué n’avoir « aucune idée » de la façon dont son voyage à Davos se déroulerait. Son discours au Forum, auquel il participe pour la première fois depuis 2020, est prévu pour 14h30 (13h30 GMT). M. Trump a également annoncé qu’il tiendrait plusieurs réunions concernant le Groenland.
Le dirigeant insiste sur le fait que le Groenland, riche en minéraux, est essentiel pour la sécurité des États-Unis et de l’OTAN face à la Russie et à la Chine, alors que la fonte des glaces dans l’Arctique ouvre de nouvelles voies et que les superpuissances rivalisent pour obtenir des avantages stratégiques. Il a intensifié la pression en menaçant d’imposer de nouveaux droits de douane allant jusqu’à 25 % à huit pays européens pour leur soutien au Danemark, ce qui a conduit l’Europe à menacer les États-Unis de représailles.
Mardi à Davos, Emmanuel Macron a mis en garde contre les tentatives américaines de « subordonner l’Europe » et a qualifié les menaces américaines d' »inacceptables ». Il a promis de résister aux « intimidateurs », tandis que l’Union européenne s’est engagée à répondre de manière « inflexible ». Le président français a été moqué par son homologue américain, qui a partagé un SMS proposant un sommet du G7 à Paris consacré au Groenland et à l’Ukraine. Donald Trump a ensuite affirmé qu’il ne participerait à aucune réunion de ce type, alors que M. Macron a précisé à l’AFP qu’aucune rencontre n’était prévue.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a averti que Donald Trump risquait de plonger les relations entre les États-Unis et l’UE dans une spirale négative. Mardi, le Premier ministre belge Bart De Wever a également adopté un ton ferme, déclarant : « Je pense qu’il faut dire à Trump : ça suffit. Reculez ou nous irons jusqu’au bout. » Cela sous-entend que l’Europe ripostera aux surtaxes douanières, menace brandie le week-end dernier par le milliardaire républicain.
Le Premier ministre canadien, Mark Carney, qui souhaite réduire la dépendance de son pays vis-à-vis de Washington depuis que Donald Trump a évoqué la possibilité de faire du Canada le 51e État américain, a reçu une ovation pour sa position. « Le Canada soutient fermement le Groenland et le Danemark », a déclaré M. Carney lors du Forum. Selon la Maison Blanche, Donald Trump se concentrera sur l’économie américaine dans son discours à Davos, alors qu’une hausse du coût de la vie menace le Parti républicain avant les élections de mi-mandat de novembre. Toutefois, le Groenland sera inévitablement mentionné.
Le Premier ministre du Groenland, Jens-Frederik Nielsen, a appelé mardi ses 57.000 concitoyens à se préparer à une éventuelle intervention militaire. Le président lituanien, Gitanas Nauseda, a souligné que toute action des États-Unis contre un allié « signifierait la fin de l’OTAN ». Le sénateur républicain Thom Tillis, membre d’une délégation bipartite du Congrès américain qui a visité Copenhague et Davos, a cependant assuré que « la situation s’apaisera avec le temps ».
Jeudi, Donald Trump devrait annoncer la première charte de son « Conseil de la paix », un organe de résolution des conflits internationaux concurrent des Nations Unies. Initialement conçu pour superviser la reconstruction de Gaza, le Conseil, d’après un projet de charte consulté par l’AFP, ne semble pas limiter son rôle au territoire palestinien occupé. L’invitation lancée au président russe Vladimir Poutine a suscité de vives inquiétudes parmi les alliés de l’Ukraine, après près de quatre ans de guerre provoquée par Moscou. La Russie est restée vague sur le différend concernant le Groenland, tout en dépêchant un haut représentant de M. Poutine pour rencontrer des responsables américains à Davos et parler de sa vision d’un éventuel plan de paix en Ukraine.

