Le trafic de drogue à Peterbos entraîne la justice belge au Panama.
Le parquet de Bruxelles a effectué plusieurs interventions entre mars et décembre 2025 à Bruxelles et au Panama, où six personnes ont été interpellées et quatre placées sous mandat d’arrêt. I. B., alias « Mara », âgé de 30 ans, a été condamné fin 2022 à huit ans de prison et est actuellement incarcéré pour avoir dirigé un réseau de trafic de drogue au Peterbos, tout en étant soupçonné de blanchiment de capitaux lié à des transferts d’argent vers le Panama.
Le parquet de Bruxelles a rapporté plusieurs interventions effectuées entre mars et décembre 2025 à Bruxelles et au Panama. Dans la capitale belge, six individus ont été arrêtés, dont quatre ont été placés sous mandat d’arrêt.
Au Panama, une commission rogatoire réalisée au printemps a permis d’identifier trois personnes liées au chef du réseau du Peterbos. Les enquêtes ont ensuite mené à l’arrestation d’un quatrième suspect, recherché activement et visé par trois mandats d’arrêt internationaux.
Le parquet a précisé que « ces opérations s’inscrivent dans le cadre de plusieurs instructions judiciaires distinctes, articulées autour de la problématique du quartier du Peterbos, à Anderlecht et en lien avec de nombreuses fusillades perpétrées à Bruxelles et vraisemblablement liées à des luttes territoriales pour la vente et le trafic de stupéfiants ».
### Au cœur de l’enquête : « Mara »
La cité du Peterbos est depuis plusieurs années un point névralgique de la région bruxelloise concernant la vente de drogue, engendrant de nombreux actes de violence liés au trafic. En février 2025, un homme y a été tué par armes automatiques dans un conflit territorial entre bandes rivales.
D’après plusieurs sources, l’homme désigné comme le chef de l’organisation criminelle principale active dans le quartier du Peterbos est I. B., connu sous le surnom de « Mara ».
Dans le communiqué diffusé, le parquet a seulement mentionné qu’il s’agit « d’un homme âgé de 30 ans qui aurait dirigé l’organisation criminelle depuis la prison, notamment grâce à l’utilisation d’un smartphone depuis sa cellule ». L’avocat d’I. B. n’a pas souhaité faire de commentaire.
Actuellement incarcéré, « Mara » a été condamné à huit ans de prison fin 2022, avec une amende et la confiscation de 200.000 euros pour avoir dirigé un réseau de trafic de drogue au Peterbos. Cette affaire avait déjà révélé des connexions avec le Panama.
Le jugement faisait état de transferts d’argent de dealers actifs dans le quartier anderlechtois vers ce pays, s’élevant à plusieurs milliers d’euros, alors que certains suspects n’avaient aucun revenu déclaré et que l’un d’eux était en détention préventive.
### Transferts d’argent
Dans cette affaire, qui a également révélé des mouvements financiers vers Marseille, les enquêteurs estiment que le chiffre d’affaires minimal réalisé par l’organisation entre juin 2020 et avril 2022 dépasse les 11 millions d’euros. Ces revenus proviennent exclusivement de la vente de cocaïne, les investigations ayant par ailleurs mis en lumière l’existence d’un trafic de cannabis.
Les dossiers jugés en 2022 et les enquêtes en cours semblent aujourd’hui interconnectés par des protagonistes communs et des circuits financiers similaires.
En Belgique, la section grand banditisme de la Police judiciaire fédérale (PJF) de Bruxelles a été mobilisée, tandis qu’au Panama, la Direction nationale antidrogue (D.N.A.D) a collaboré lors de la commission rogatoire de mars 2025. Une perquisition a notamment été réalisée dans un appartement situé dans un quartier très huppé de la capitale panaméenne, selon des informations recueillies par la RTBF.
### Panama : point de transit pour la cocaïne et paradis fiscal
Selon nos informations, plusieurs suspects sont soupçonnés de blanchiment de capitaux.
Le Panama constitue un point de transit majeur vers les ports européens, dont celui d’Anvers, pour la cocaïne provenant d’Amérique du Sud. De plus, le pays souffre d’une mauvaise réputation en matière de blanchiment, notamment depuis les révélations des Panama Papers en 2016.
Malgré les efforts signalés, le pays figure toujours sur la liste noire des paradis fiscaux établie par l’Union européenne, officiellement désignée « liste de l’UE des pays et territoires non coopératifs à des fins fiscales ».
Ces territoires sont régulièrement utilisés par des criminels pour dissimuler ou recycler des fonds au moyen de montages financiers opaques. Le département d’État américain estime que les réseaux criminels exploitent « la position stratégique du Panama, son économie dollarisée et des cadres juridiques favorables et insuffisamment appliqués pour blanchir les produits d’activités illégales ».

