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Plancher effondré à Paris : Repérez les infiltrations chez vous.

Dans la nuit de samedi à dimanche, le plancher d’un appartement d’un immeuble parisien de six étages s’est effondré, blessant un homme grièvement et 14 autres personnes légèrement. Selon l’architecte de la préfecture de police de Paris, Antoine Cardon, l’accident pourrait être dû à un plancher fragilisé par des infiltrations.


Le plancher d’un appartement situé dans un immeuble parisien de six étages s’est effondré sur celui du dessous dans la nuit de samedi à dimanche, alors qu’une cinquantaine de personnes s’y trouvaient. Cet accident a causé un blessé grave et 14 autres personnes blessées moins sérieusement. Selon Antoine Cardon, architecte de la préfecture de police de Paris, cet incident pourrait être lié à un plancher affaibli par des infiltrations venant du balcon.

Les infiltrations peuvent toucher tous les logements, mais les bâtiments anciens, courants dans les centres-villes, sont particulièrement vulnérables. Toutefois, il est possible de prévenir de tels drames en restant vigilant sur certains aspects.

Détecter une fuite d’eau

L’infiltration se manifeste souvent par plusieurs signes, qui peuvent apparaître simultanément. Le premier est l’auréole : « C’est généralement la première chose qu’on remarque dans un logement. Une tâche sur votre placo, votre plâtre, sur le plafond ou au mur, qui prend souvent une teinte brunâtre suivant la couleur du matériau », souligne Mathieu Thomas, directeur d’exploitation chez Ax’eau, une entreprise spécialisée dans la recherche de fuites.

Lors de fortes infiltrations, comme pour un dégât des eaux, des écoulements ou un gonflement de la peinture (si celle-ci est partiellement étanche) peuvent également être observés. Un plancher qui « rebondit » ou des craquements étranges peuvent alerter sur des infiltrations.

Cependant, une fuite peut également être moins visible. Elle peut se manifester par une odeur de moisissure, la présence de salpêtre ou une sensation de mur « froid » et humide au toucher. D’autres indices incluent une augmentation inexpliquée de la facture d’eau ou des variations du compteur d’eau. Une baisse soudaine de la pression de l’eau ou des écoulements inhabituels près des équipements de plomberie peuvent également être des signes.

Contacter son assurance et le syndic de copropriété

Il est important de faire attention, comme l’indique Merih, un spécialiste indépendant contacté par 20 Minutes, certaines odeurs et moisissures peuvent découler d’une mauvaise isolation de la pièce ou d’un défaut de ventilation. Ce dernier souligne l’importance d’une bonne ventilation dans le bâtiment et de vérifier si le problème persiste.

Si c’est le cas, il est possible d’utiliser un humidimètre. Ces appareils, accessibles au grand public, peuvent aider à localiser les zones les plus humides et à suivre leur évolution. Cependant, il est recommandé de faire appel à des experts.

La première étape est de contacter son assurance habitation et le syndicat de propriété, en fournissant une description détaillée et des photos. Pour les locataires, il convient de s’adresser en premier lieu au propriétaire ou au bailleur du logement.

Faire appel à un expert pour déterminer l’origine de la fuite

Selon la convention IRSI, l’assurance doit prendre en charge la procédure et contacter un expert pour identifier la fuite. « On commence par balayer le spectre des causes possibles d’apport hydrique en les éliminant une par une jusqu’à trouver l’origine », explique Mathieu Thomas. Cela inclut les réseaux internes (alimentation, chauffage, évacuation) et les infiltrations (façade, menuiserie, toiture).

L’expert mène une enquête en utilisant diverses techniques, telles que des mini-caméras, des tests de pression et de la fumigation pour trouver l’origine de l’infiltration.

Concernant des infiltrations comme cela a pu être le cas rue Amelot, Oualid Akkari, président de la branche parisienne de la Confédération nationale du logement (CNL), insiste sur la nécessité d’une vigilance accrue autour de l’extérieur du bâtiment. « Avec le temps, certains joints peuvent commencer à céder. Certaines évacuations, comme les gouttières, peuvent se boucher avec des feuilles mortes, et la mousse peut s’accumuler… » explique-t-il, d’autant plus que certaines constructions masquent ces évacuations et rendent les problèmes invisibles depuis la rue.

Responsabilité du syndic de copropriété pour l’extérieur

Il s’agit d’une responsabilité du syndic de copropriété : « Ils sont responsables, surtout pour les bâtiments anciens, de mettre en place un plan pluriannuel de travaux. Cela permet de repérer les failles et les fissures qui peuvent poser problème. » Selon lui, une infiltration par un balcon susceptible de provoquer la chute d’un plancher « ne se produit pas en quelques jours » : « Il faut des années pour désintégrer un plancher de cette manière. »

Les conditions météorologiques pourraient avoir légèrement accéléré le processus, d’après Merih : « Si des fissures étaient remplies d’eau, elles ont pu être aggravées par le gel. Mais l’infiltration était déjà présente. »

Oualid Akkari insiste sur le fait que les syndics doivent prendre conscience de l’importance d’effectuer des vérifications régulières de l’extérieur des bâtiments, sans tomber dans le blâme. « C’est parfois un problème de financement, car il faut un vote des copropriétaires et certains refusent par manque de moyens. Le gestionnaire se retrouve alors bloqué. » Dans ce cas, le président de la CNL recommande aux syndics de se tourner vers les municipalités, les associations comme la sienne ou l’Agence Nationale de l’Amélioration de l’Habitat (ANAH) pour obtenir de l’aide.