Belgique

Yvan Verougstraete ne poursuit pas la formation du gouvernement bruxellois.

La première réunion budgétaire, organisée par Yvan Verougstraete, a été écourtée après l’annonce de Dirk De Smedt de son renoncement à y participer. Dans un communiqué, le parti de l’ex-formateur a affirmé qu’Yvan Verougstraete a été « victime de postures politiques » et que les conditions de la réussite de leur initiative ne sont pas présentes.


La première réunion budgétaire, organisée mardi matin par Yvan Verougstraete, formateur bruxellois des Engagés, a rapidement pris fin suite à l’annonce de Dirk De Smedt (anciennement de l’Open Vld, maintenant « Anders »), qui a décidé de ne pas y participer.

Dans un communiqué, le mouvement de l’ex-formateur souligne qu’Yvan Verougstraete a été « victime de postures politiques », alors que les libéraux flamands et le CDenV avaient récemment choisi de quitter les négociations en cours pour établir un budget et, potentiellement, former un nouveau gouvernement. « Face aux nouvelles exigences de l’Open Vld (Anders) et au refus du ministre du budget de participer aux négociations pour mettre en place les réformes nécessaires à l’amélioration de Bruxelles et à l’établissement d’un budget crédible, nous devons constater que les conditions propices à la réussite de notre initiative ne sont pas réunies. Après 19 mois de rendez-vous manqués, de tabous et de vétos, l’existence même de la Région est en danger », peut-on lire dans ce communiqué, qui évoque également des « nouvelles exigences irréalistes » de l’Open Vld (Anders).

Concernant cette situation et l’absence des libéraux flamands lors de cette réunion, Zakia Khattabi (Ecolo) n’a pas caché son agacement : « Je ne le laisserai pas jouer le rôle du calife à la place du calife. Il aura toujours besoin d’une majorité même en affaires courantes. J’espère que M. Verougstraete ne se laissera pas intimider et qu’on pourra offrir à Bruxelles un budget solide ».

De son côté, Elke Van den Brandt, cheffe de file de Groen, a remercié Yvan Verougstraete et son équipe « pour leurs efforts, entièrement dédiés à la recherche d’une solution pour enfin former un gouvernement de plein exercice. Malheureusement, certains pensent pouvoir faire mieux en s’isolant sans partenaires ni soutien. Ce n’est pas faire autrement, c’est simplement jouer avec l’avenir de notre Région. C’est d’ailleurs ironique : malgré son ravalement de façade (en adoptant le nom de ‘Anders’), l’Open VLD s’obstine à laisser le PS à la tête d’un gouvernement bruxellois minoritaire, plutôt que de donner sa chance à une initiative menée par Yvan Verougstraete, » a-t-elle ajouté.

Ans Persoons (Vooruit) a pour sa part exprimé son indignation en déclarant : « Je suis honteuse à leur place car ce qui est actuellement sur la table est la proposition la plus sérieuse et ambitieuse des 600 derniers jours… Pourtant, ils osent encore bloquer et refuser pour une question d’ego ». Elle a poursuivi : « Je comprends que ce n’est pas facile pour eux. Eh bien, pour Vooruit, ce n’était pas facile non plus de rejoindre l’Arizona. Nous avons toutefois choisi d’assumer nos responsabilités, car l’alternative est l’incertitude et le chaos. Je constate que le VLD préfère l’incertitude et le chaos plutôt que d’assumer ses responsabilités et de trouver des solutions. Pour moi, c’est totalement incompréhensible ».

Selon elle, l’alternative serait de poursuivre avec les affaires courantes, ce qui favoriserait un Parlement plus orienté à gauche, où le parti libéral flamand possède deux sièges sur 89. À l’instar de Mme Persoons, le ministre DéFI en affaires courantes, Bernard Clerfayt, a estimé qu’un gouvernement de plein exercice était nécessaire pour mettre en place des réformes et un budget afin de sortir Bruxelles de son marasme. « Depuis les élections, je ne souhaite plus travailler en affaires courantes, mais pour cela, il faut que suffisamment de personnes soient présentes autour de la table », a-t-il déclaré à son arrivée à la réunion.