L’Open VLD devient Anders et cherche à se démarquer.
Frédéric De Gucht a lancé le nouveau nom « Anders. » pour l’Open VLD, qui est une évolution du VLD créé par Guy Verhofstadt en 1992. Aujourd’hui, le VLD est perçu à 8% en raison de la pression de la N-VA, qui le présente comme un parti de traîtres.
Fin de l’Open VLD des années Verhofstadt
C’est sous l’impulsion du nouveau président Frédéric De Gucht, un « fils de » cadre issu de l’ère marquante du VLD, qu’une nouvelle orientation a été proposée. « Anders.« , autrement dit, avec un point à la fin.
L’Open VLD, dont l’origine remonte à 1992 et qui a succédé au VLD lui-même, créait par Guy Verhofstadt, avait précédemment remplacé le PVV de 1961 (Parti pour la liberté et le progrès), lequel avait succédé au Parti libéral fondé en 1846. Ce changement de nom était donc attendu et n’est pas une surprise. Pour beaucoup, le nom Open VLD était devenu un fardeau.
Cette évolution témoigne de l’usure du parti, attaqué par la N-VA qui, depuis une dizaine d’années, dépeint le VLD comme un parti de traîtres, d’intrigants cherchant le pouvoir à tout prix, y compris en s’alliant avec des socialistes ou écologistes, comme l’ont fait Guy Verhofstadt en 1999 ou Alexander De Croo en 2020. Ce récit, solidement ancré en Flandre, a conduit à une chute du soutien du VLD à 8 % aujourd’hui.
Anders., un nouveau nom avant une nouvelle ligne ?
« Anders », mais que va-t-il réellement changer ? Il est encore tôt pour le dire. Il est à noter une méthode profondément différente de celle des années 1990, où Guy Verhofstadt avait conçu le Manifeste du citoyen, une réflexion approfondie sur son époque, avant de renommer le parti. Dans ce cas, il s’agit d’un rebranding. Comme le Raider devenu Twix ou le Spa devenu Vooruit.
Cependant, la recette du Raider n’a pas changé. Anders pourrait connaître des évolutions par la suite ou pas. Pour l’heure, Frédéric De Gucht semble privilégier une idéologie minimale, ou « idéologie fine » comme le formulent les politologues, centrée autour des trois « on » : ontplooien, ontvetten et ondernemen, qui se traduisent par épanouir, dégraisser et entreprendre. L’idée est d’accroître l’autonomie des individus, de réduire l’État et de promouvoir la liberté d’entreprise.
En ce qui concerne les changements, Frédéric De Gucht impose déjà une nouvelle posture. Le VLD, un parti habitué au compromis et au pouvoir, est devenu très intransigeant lors des négociations à Bruxelles. L’objectif est de détricoter l’image d’un parti prêt à tout pour le pouvoir et de restaurer sa crédibilité.
Prendre le vent de la droitisation ?
Ce qui est frappant, c’est qu’Anders semble vouloir se repositionner en faveur d’un État minimal et de l’entrepreneuriat, des thèmes où il s’aligne largement avec la N-VA ou le MR, mais est souvent perçu comme moins crédible.
En revanche, les thématiques qui différenciaient historiquement les libéraux flamands de ces partis restent pour l’instant floues. Quelles sont les positions d’Anders sur l’évolution de l’État belge et l’autonomie de la Flandre ? Quelle est sa vision sur l’immigration ? Considère-t-il que l’extension des droits individuels, notamment reproductifs, constitue un danger « wokiste » ?
Anders emboîtera-t-il le pas à la tendance de droite qui traverse l’Europe, comme le fait Georges-Louis Bouchez au MR, ou restera-t-il fidèle au libéralisme plus progressiste de Guy Verhofstadt ? À ce stade, pour un parti qui se nomme « Anders », il semble surtout mettre l’accent sur ce qui fait déjà consensus à droite, sans vraiment exposer ce qui le distinguerait des autres.

