Belgique

Charleroi : Thy-Marcinelle interrompt sa phase à chaud, 179 emplois perdus.

Environ 150 travailleurs ont assisté à l’assemblée, tous concernés par la situation, et beaucoup ont exprimé de la tristesse dans leurs discours. Depuis février 2025, les ouvriers de la phase à chaud travaillaient une semaine, contre 18 semaines de chômage.


Environ 150 travailleurs ont assisté à l’assemblée, tous concernés par la situation. Beaucoup ont exprimé leur tristesse dans leurs discours. Nombre d’entre eux ont fait leur carrière chez Thy-Marcinelle, décrivant une usine à l’ambiance familiale, qu’ils vont quitter avec émotion. Cependant, une résignation est également perceptible. C’était une « catastrophe annoncée », soutient-on partout.

« On le savait, la situation n’était plus tenable », déclare un membre du personnel.

Cela fait des mois, voire des années, que l’entreprise du groupe Riva fonctionne au ralenti. Le chômage économique s’est transformé en chômage de longue durée pour de très nombreux salariés. Depuis février 2025, les ouvriers de la phase à chaud n’ont travaillé qu’une semaine, accumulant 18 semaines de chômage !

Pourquoi cette crise ? Plusieurs facteurs l’expliquent. Les produits fabriqués chez Thy-Marcinelle font face à une concurrence acharnée en provenance de l’Asie. Par ailleurs, le secteur de la construction, gros consommateur d’acier, traverse une période de stagnation ces dernières années. La demande est en baisse, les prix sont sous pression, et les coûts de production augmentent : il est devenu impossible de rester compétitif dans ce contexte. Thy-Marcinelle abandonne donc « le chaud », son laminoir ainsi que l’aciérie.

La réunion de ce lundi avait pour objectif d’informer les travailleurs sur les conditions de licenciement. Ces derniers espèrent que les négociations avec la direction se dérouleront bien et que les patrons tiendront compte des situations individuelles, notamment de l’ancienneté. Dans deux semaines, la seconde phase de la procédure Renault sera engagée.

Pour les travailleurs de la ligne « à froid », qui constitue la seconde partie de l’activité chez Thy-Marcinelle, la situation est plus rassurante. Le « froid » est maintenu, et le site carolo prévoit de prioriser la production d’acier à béton en bobines et de treillis soudés.

La direction, que nous avons contactée, refuse pour le moment de tout commentaire, privilégiant, selon ses dires, la discussion directe avec les syndicats.