Le couturier italien Valentino est mort à 93 ans.
Le styliste et grand couturier italien Valentino est mort à 93 ans, a indiqué lundi l’agence de presse italienne Ansa. Il est né le 11 mai 1932 à Voghera, une petite ville au sud de Milan, dans une famille bourgeoise.
Le styliste et grand couturier italien Valentino est décédé à l’âge de 93 ans, comme l’a rapporté lundi l’agence de presse italienne Ansa. Selon l’agence, il est mort à son domicile à Rome, en se basant sur les déclarations de la Fondation Valentino Garavani et de Giancarlo Giammetti, son partenaire de longue date.
Icône de la dolce vita des années 60, Valentino Garavani, simplement connu sous le nom de Valentino, a été le créateur de la haute-couture romaine. Ses créations aux lignes sensuelles et intemporelles ont captivé de nombreuses célébrités au cours de près de cinquante ans. Des actrices telles qu’Elisabeth Taylor, Ava Gardner, Lana Turner, Audrey Hepburn, ainsi que Sharon Stone, Julia Roberts et Gwyneth Paltrow, ont porté ses créations et se sont souvent rapprochées de lui.
Il figurait parmi les contacts les plus recherchés : Marella Agnelli, l’épouse du patron de Fiat, Lady Diana, Farah Diba, qui a fui l’Iran dans l’un de ses manteaux, Nancy Reagan et, bien sûr, Jackie Kennedy, qui lui a assuré une renommée mondiale.
Valentino voyageait avec ses cinq chiens carlins à bord de son jet privé, entre son palais à Rome, son appartement à New York, un château près de Paris, un chalet à Gstaad et un yacht de 50 mètres.
### Une passion précoce pour la mode
Nommé Valentino en hommage à la star du cinéma muet, le couturier au teint toujours hâlé et au brushing impeccable est né le 11 mai 1932 à Voghera, une petite ville au sud de Milan, dans une famille bourgeoise.
Dès son jeune âge, il exprime son désir de chaussures sur mesure et développe une passion pour la mode. « J’ai cette maladie depuis que je suis petit, je n’aime que les belles choses. Je n’aime pas voir des hommes sans cravate, en pull-over, des femmes au maquillage criard et aux pantalons informes. C’est un signe de mauvaise éducation et de manque de respect envers soi-même », a-t-il déclaré dans le magazine Elle.
Son père, propriétaire d’une entreprise de câbles électriques, l’encourage à 17 ans à aller étudier aux Beaux-Arts de Paris et à la Chambre syndicale de la couture. Le style de l’époque, juste réinventé par Dior, marquera l’esthétique future de Valentino, mettant en avant la femme, sa taille soulignée et perchée sur des talons aiguilles.
En 1952, Valentino rejoint la maison Jean Dessès, qui habille de riches clientes et des noblesses royales, avant de travailler avec Guy Laroche en 1957. « Quand il a décidé de retourner à Rome, je lui ai dit qu’il était fou de quitter la mecque de la mode. Rome n’était rien, c’était la province par comparaison! », se souvient la styliste Jacqueline de Ribes, citée par la fondation Valentino.
Pourtant, il fonde sa propre maison en 1960, avec l’aide de Giancarlo Giammetti, son compagnon et associé fidèle jusqu’à sa retraite en 2008. À l’instar de Pierre Bergé avec Yves Saint-Laurent, cet homme d’affaires a su transformer la maison Valentino en une marque internationale grâce à plusieurs reprises d’acquisition.
« Être l’ami, l’amant et l’employé de Valentino depuis plus de 45 ans exige beaucoup de patience », confiait-il dans le documentaire « Valentino, le dernier empereur ».
### Une rencontre déterminante avec Jackie Kennedy
Dans les années 1960, Rome devient une annexe d’Hollywood grâce aux studios de Cinecittà. Des figures comme Anita Ekberg, Sofia Loren et Liz Taylor s’habillent chez Valentino. Sa première collection en 1962, présentée au palais Pitti à Florence, se distingue par son rouge emblématique, le rouge « Valentino ».
Sa rencontre avec Jackie Kennedy en 1964 s’avère décisive. Il relooke sa garde-robe et, pour son mariage avec Onassis en 1968, elle choisit une robe ivoire ornée de dentelle issue de sa célèbre « Collection blanche ». Ce succès aux États-Unis est immense. En 1970, il devient le premier couturier italien à ouvrir une boutique à New York.
Dès lors, Valentino, perçu comme le porte-parole de la haute-couture italienne, combine artisanat italien, couture française et prêt-à-porter américain.
Ses créations, entièrement cousues à la main avec des matières nobles et directement sur la peau, épousent les silhouettes avec des points d’ancrage aux épaules et à la taille. Pour lui, « une femme doit faire tourner les têtes quand elle entre dans une pièce ». En 1989, le créateur choisit de ne plus présenter ses défilés à Milan, mais à Paris, qu’il affectionne, où il reçoit la Légion d’honneur en 2006.
Après avoir célébré ses 45 ans de carrière de manière grandiose en 2007 et ému le public lors de son dernier défilé, Valentino prend sa retraite en janvier 2008. « Valentino sera le dernier d’une lignée de grands noms à avoir apposé son nom à une marque capable de définir la différence entre hier et aujourd’hui », affirmait alors Giancarlo Giammetti.

