Tunisie

Logement en Tunisie : la location-accession ne reviendra pas comme solution salvatrice.

Les promoteurs immobiliers privés sont en mesure de fournir entre 25 000 et 30 000 logements par an dans le cadre du dispositif de la location-accession, selon Hechmi Melliani, trésorier de la Chambre nationale des promoteurs immobiliers. Le programme de la location-accession vise à garantir un logement décent à toutes les catégories, en particulier celles à revenus faibles et moyens, et prévoit la réalisation de 1 200 logements d’ici la fin de l’année en cours.

Face à l’augmentation constante des prix de l’immobilier et aux difficultés d’accès au financement bancaire, la Tunisie se tourne de nouveau vers la « location-accession » comme solution potentielle à la crise du logement qui affecte de nombreux segments de la population.

Dans ce contexte, Hechmi Melliani, trésorier de la Chambre nationale des promoteurs immobiliers, a déclaré à Mosaïque FM ce lundi 18 janvier 2026 que les promoteurs immobiliers privés pourraient offrir entre 25 000 et 30 000 logements par an grâce au dispositif de la location-accession.

Il a noté que la réussite de ce mécanisme repose sur la coopération des acteurs, conformément à la loi sur le partenariat entre les secteurs public et privé. Melliani a précisé que la concrétisation de ce projet avec la participation du secteur privé nécessite des discussions entre la Chambre et les autorités concernées.

Il a également souligné que la location-accession devrait passer par une banque publique, permettant au bénéficiaire de régler mensuellement les loyers sous forme de mensualités de crédit, selon des conditions adaptées au montant du loyer qu’il payait précédemment.

Parallèlement, la banque verserait au promoteur immobilier le montant total du prix du logement concerné, ce qui inciterait ce dernier à continuer la construction de nouveaux logements afin de répondre à la demande élevée dans le cadre de ce mécanisme, selon ses propos.

La location-accession est un mécanisme ancien qui refait surface aujourd’hui comme un pari gouvernemental pour garantir un logement décent à toutes les catégories de la population, en particulier celles à revenus faibles et moyens, dans les secteurs public et privé, qui n’ont pas de logement.

Ce mécanisme est en vigueur en Tunisie depuis les années 1970, avec la création de la Société de promotion des logements sociaux « Sprols » en 1977. L’entreprise avait d’abord loué des appartements avant d’adopter la méthode de la location-accession en 1989.

Ce dispositif a été appliqué jusqu’en 2016, date à laquelle il a été interrompu en raison de certaines difficultés, notamment celles liées aux cadres juridiques régissant les institutions bancaires et aux mécanismes de financement différencié.

Le système de la « location-accession », en tant que mécanisme de financement immobilier, a pour objectif de permettre au citoyen de devenir propriétaire d’un logement après une période de location déterminée.

Il s’agit d’un contrat combinant location et vente, avec une clause explicite donnant au locataire le droit d’acquérir le bien immobilier à l’issue de la période convenue, pour en devenir pleinement propriétaire.

1 200 logements en location-accession fournis par le secteur public d’ici fin 2026 Le ministre de l’Équipement, Salah Zouari, avait précédemment indiqué que les promoteurs immobiliers privés peuvent aider à fournir des logements dans le cadre de la location-accession, en soutenant les efforts des institutions de l’État, qui visent à réaliser 1 200 logements selon ce mécanisme d’ici la fin de l’année en cours.

Ces projets couvrent 11 gouvernorats, pour un coût total d’environ 200 millions de dinars. Il est également prévu de réaliser 5 000 logements entre 2026 et 2030, soit 1 000 logements par an.

Les catégories ciblées Le programme s’adresse principalement aux catégories à revenus faibles et moyens, notamment les salariés des secteurs public et privé n’ayant pas de logement.

Le mécanisme de la location-accession diffère du programme du « premier logement », qui vise les personnes ne possédant aucun bien immobilier et dont les revenus se situent entre 4,5 et 12 fois le salaire minimum. Ces bénéficiaires bénéficient d’un financement spécifique pour couvrir une partie du prix du logement.