Municipales 2026 à Pau : Bayrou ne sera-t-il pas réélu ?
François Bayrou a officialisé sa candidature pour un troisième mandat à Pau, où les municipales se dérouleront les 15 et 22 mars 2026. L’élu, âgé de 74 ans, pourrait faire face aux critiques concernant son « mandat de trop », mais son image ne semble pas dégradée « au point de lui causer des soucis électoraux ».
« Depuis septembre, on entend beaucoup que les Palois ne veulent plus de Bayrou, son passage à Matignon a beaucoup abîmé son image », rapporte Jérôme Marbot (PS), son concurrent à Pau, où le président du Modem est maire depuis 2014. À Matignon, il est apparu plus comme un commentateur que comme un faiseur, et il ne serait plus à la hauteur des enjeux.
Ce dimanche, l’ancien Premier ministre a officialisé sa candidature pour un troisième mandat dans la ville béarnaise, en vue des élections municipales qui se dérouleront les 15 et 22 mars 2026. « Quand vous avez prouvé pendant douze ans que vous respectiez intégralement, et au-delà, les engagements que vous avez pris, alors cela signifie que vous respecterez les engagements que vous prendrez », a-t-il déclaré lors de sa conférence de presse. Nommé Premier ministre en décembre 2024, il avait quitté Matignon en septembre 2025, à la suite d’un vote de confiance perdu à l’Assemblée nationale.
Le candidat de l’union de la gauche (hors La France insoumise) ne souhaite pas critiquer la gestion de l’affaire Bétharram, préférant se concentrer sur le bilan de Bayrou. « Localement, il a fait des choses, mais ce sont des choses datées, attaque-t-il. C’est un maire de la fin du XXe siècle : il bétonne beaucoup et prend peu soin des grands enjeux de demain [réchauffement climatique, mobilités douces et alternatives, protection du pouvoir d’achat]. » Il souligne également une méthode de gouvernance très verticale et affirme qu’une page plus moderne doit s’ouvrir pour Pau.
« Ce sera plus difficile qu’en 2020 », prévient-il.
Durant ses neuf mois à Matignon, François Bayrou a multiplié les allers-retours entre Paris et son bastion, où il a choisi de rester maire. Le 16 septembre, il a décidé d’assister en personne à une séance du conseil municipal, au prix de suivre à distance une réunion sur la crise actuelle à Mayotte. Ce choix a été qualifié par certains élus de « faute politique ». Il est intervenu aussi pour défendre le maintien de la ligne Pau-Orly, pourtant déficitaire. « Les Palois ne peuvent pas lui reprocher d’avoir cédé aux sirènes nationales », souligne le politologue Jean Petaux.
« Indépendamment de son échec national et des difficultés générées localement par l’affaire Bétharram, je pense qu’il est loin d’être entièrement rayé de la vie politique locale, ajoute l’analyste. Il a fait des choses à Pau, c’est un réalisateur, mais incontestablement, ce sera plus difficile pour lui qu’en 2020. » À 74 ans, l’élu pourrait faire face à des critiques sur le « mandat de trop », mais son image localement ne semble pas dégradée « au point de lui causer des soucis électoraux », complète Jean Petaux.
« Je pense que les Palois ont découvert la personnalité de François Bayrou à Matignon, analyse Jérôme Marbot. La personnalité politique qui pense toujours avoir raison, peu importe l’opinion des autres, ne passe plus. Et cela ne passe pas davantage à Pau que partout ailleurs. »
Lors de l’annonce de sa candidature, François Bayrou a mis en avant ses efforts en matière de sécurité avec l’armement de la police municipale et la vidéosurveillance, alors que le candidat de l’union de la gauche accorde la priorité à l’adaptation de la ville face aux dérèglements climatiques, à la protection du pouvoir d’achat des Palois et au renforcement des services publics. Il défend également une nouvelle gouvernance axée sur la démocratie participative pour sortir de la verticalité « à la Bayrou ».
L’étude des comportements électoraux montre qu’il existe une prime au candidat sortant lors des élections municipales. L’ancien Premier ministre, qui a été relaxé dans l’affaire des assistants parlementaires du Modem en première instance (la date de l’appel n’est pas encore connue), pourrait bénéficier de cet avantage.
« C’est un homme politique qui a hérité de son prédécesseur André Labarrère [maire socialiste de Pau pendant trente-cinq ans] concernant sa manière de faire », estime Jean Petaux. Suivra-t-il aussi son exemple en matière de longévité ?
Le maire sortant va affronter six candidats au total : Jérôme Marbot pour l’union de la gauche (hors LFI), Jean-François Blanco, avocat dans l’affairé Bétharram, investi par La France Insoumise, Margaux Taillefer, candidate du RN passée par le parti d’Éric Zemmour, Pascal Boniface, à la tête d’une liste citoyenne, Philippe Arraou, ancien proche de François Bayrou sur une liste citoyenne également, et Reynald Cronier, un souverainiste investi par Debout la France.

