Belgique

Congères de 4 mètres : état d’urgence au Kamtchatka russe sous neige historique

Depuis le mardi 13 janvier, le Kamtchatka fait face à des chutes de neige exceptionnelles, entraînant la formation de congères allant jusqu’à quatre mètres de haut. Deux décès ont été rapportés en raison de l’écroulement de masses de neige provenant des toits d’immeubles et de maisons.


Vivre depuis six jours au Kamtchatka représente un véritable défi quotidien. Depuis le mardi 13 janvier, sortir de chez soi nécessite presque des efforts acrobatiques ! Une neige abondante est tombée, atteignant le deuxième étage de certaines maisons.

Cette population de l’Extrême-Orient russe, habituée à des hivers extrêmement rigoureux, n’avait pas connu un phénomène climatique de cette ampleur depuis au moins trente ans. Une tempête de neige a frappé cette zone reculée, formant des congères atteignant jusqu’à quatre mètres de hauteur. Les routes et les maisons sont recouvertes d’un épais manteau blanc.

Certains habitants évoquent une « apocalypse ». Dans certaines rues, seuls les toits des maisons sont visibles.

Face à cette situation, un état d’urgence a été déclaré et des militaires sont intervenus pour aider les habitants.

**Les images impressionnantes de ces chutes de neige**

La neige tombant des toits est particulièrement dangereuse. En raison de ces intempéries, deux personnes ont perdu la vie, tuées par l’effondrement d’une masse de neige provenant du toit d’un immeuble et d’une maison, a rapporté Sergueï Lebedev, un responsable local du ministère russe des Situations d’urgence, sur le réseau social VK.

Les écoles ont suspendu leurs cours et les entreprises ont basculé en télétravail.

**Habitants isolés**

Certains habitants se retrouvent isolés. « Quelqu’un nous a appelés parce qu’il s’inquiète pour sa grand-mère dont il n’a pas de nouvelles », raconte Andrei Poloukhov, secouriste du ministère des Situations d’urgence. Certaines maisons sont privées d’électricité.

Selon un reportage du journal local Kamtchatka-Inform, des résidents se plaignent du manque de pain, d’œufs et de lait dans certaines épiceries, ce qui témoigne d’un achat de panique.

Les autorités locales affirment qu’il n’y a pas de pénuries, en reconnaissant toutefois que certains magasins sont difficilement accessibles à cause de la neige. « Les difficultés qui surviennent sont purement d’ordre logistique […] Les livraisons reprennent progressivement à mesure que les routes sont dégagées », a déclaré Ioulia Morozova, une responsable du gouvernement régional, dans les colonnes d’un autre journal local, Kamtchatka Media.

**Dû au changement climatique ?**

Bien que les chutes de neige ne soient pas rares dans cette péninsule bordant l’océan Pacifique, l’intensité exceptionnelle de cette tempête a partiellement paralysé la ville principale de la région, Petropavlovsk-Kamtchatski, où le maire a déclaré l’état d’urgence. Cette tempête représente les plus fortes chutes de neige enregistrées depuis au moins trente ans, causées par un cyclone.

Hugues Goosse, professeur de climatologie et chercheur à l’Earth and Life Institute de l’Université catholique de Louvain, précise : « Le plus important, c’est de faire la différence entre un événement particulier et le changement climatique. Personne n’a jamais dit qu’à cause du changement climatique, on n’aurait plus certains événements extrêmes froids. »

Pour ce spécialiste du climat, ce type d’événement exceptionnel à un endroit donné n’est pas incompatible avec le réchauffement climatique : « Ce qui serait incompatible, c’est que ce nombre d’événements froids augmente partout sur Terre de manière significative et que le nombre d’événements chauds diminue. Mais c’est l’inverse qu’on observe. On constate de moins en moins d’événements froids et de plus en plus de canicules et d’événements chauds, et cela est totalement compatible avec le réchauffement climatique. »

Hugues Goosse souligne également que le réchauffement climatique ne supprime pas les extrêmes chauds et froids : « Personne n’a dit que le changement climatique allait éliminer tous les extrêmes froids. Ces événements extrêmes existent toujours, bien qu’ils soient moins fréquents, alors que les extrêmes chauds battent régulièrement des records. »

**Fausses images générées par IA**

Les images spectaculaires des conséquences de ces chutes de neige records dans la région donnent lieu à une certaine surenchère sur les réseaux sociaux. Des photos et des vidéos de plus en plus extrêmes circulent, souvent produites par de l’intelligence artificielle avec pour objectif de susciter likes et partages, et ainsi générer de la monétisation.

Mika, sur la page Info météo sur Facebook, dénonce cette désinformation, affirmant : « On en parlait hier avec les collègues de Météo Franc-comtoise. Vous pouvez consulter une photo bien réelle que j’ai publiée hier sur le sujet ainsi que diverses vidéos. Il existe des outils pour démasquer l’IA, comme ‘decopy.ai’. »