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Davos 2026 : la « confrontation géo-économique » inquiète les décideurs

Le thème officiel du Forum économique mondial 2026 est « Un esprit de dialogue ». L’enquête annuelle, publiée par le forum, a interrogé 1300 dirigeants et experts mondiaux issus du monde universitaire, des entreprises, des gouvernements et de la société civile.


Le thème officiel du Forum économique mondial 2026 est : « Un esprit de dialogue ». En revanche, le sous-texte traduit un monde où le multilatéralisme s’effondre, où les tensions commerciales s’installent et où la géopolitique influence chaque décision économique. Cette édition évoquera moins l’ouverture que la gestion du risque, de l’incertitude et des ruptures entre les blocs. La coopération internationale, autrefois moteur de croissance, est désormais perçue comme un défi de survie.

C’est ce que révèle l’enquête annuelle, publiée traditionnellement par le forum économique mondial sur les risques globaux. Elle a interrogé 1300 dirigeants et experts à l’échelle mondiale, provenant des milieux universitaire, entrepreneurial, gouvernemental et de la société civile.

### Les décideurs sont inquiets

Pour la première fois depuis sa création, la « confrontation géo-économique » et les conflits armés dominent les préoccupations des décideurs. Dans un monde marqué par la rivalité entre grandes puissances, ces tensions mettent en péril les chaînes d’approvisionnement, la stabilité économique et la capacité de coopération internationale.

L’enquête montre un très net durcissement des opinions : la moitié des sondés prévoient un monde « turbulent ». Les politiques commerciales agressives, la guerre des minerais critiques et le filtrage des investissements exacerbent les risques économiques.

### Les yeux rivés sur Donald Trump au Forum économique mondial de Davos

Le président américain se rend à Davos à la tête de la plus importante délégation jamais envoyée par les États-Unis. Un an après sa seconde investiture et six ans après sa dernière visite personnelle à Davos, le milliardaire républicain prononcera mercredi après-midi un discours très suivi.

Face aux élites économiques et politiques mondiales, il devra aussi s’adresser à ses électeurs, mécontents de sa politique sur le pouvoir d’achat, à quelques mois des cruciales élections de mi-mandat aux États-Unis. Toutefois, il pourrait se laisser aller à des digressions ou à de nouvelles critiques acerbes, lui qui remet en cause le multilatéralisme et le libre-échange depuis son retour au pouvoir, rompant ainsi avec l’ordre économique d’après-guerre. Sa stratégie privilégie la sécurité nationale, la production interne et les relations bilatérales.

### L’intelligence artificielle ne rassure pas

L’intelligence artificielle, longtemps considérée comme un moteur de croissance, progresse dans la hiérarchie des risques. Les décideurs soulignent une diffusion rapide, souvent sans cadre de gouvernance clair, et expriment des inquiétudes concernant l’emploi, la sécurité, l’information et l’utilisation militaire de ces technologies. À court terme, l’IA est perçue comme une opportunité ; à long terme, comme une source d’instabilité potentielle.

Enfin, l’enquête aborde la question de la transition écologique, qui reste pertinente mais est considérée désormais comme moins centrale qu’auparavant.

Bien entendu, l’urgence climatique n’a pas disparu, mais la perception de cette urgence a évolué. Entre inflation, compétitivité et retour des politiques industrielles nationales, la transition écologique se trade aujourd’hui en termes d’arbitrages.

La conclusion, selon Saadia Zahidi, la directrice générale du Forum économique mondial, est claire : « Nous sommes entrés dans une nouvelle ère de concurrence qui influence tous les autres risques mondiaux à mesure qu’ils se déploient. »