Belgique

Collision mortelle entre deux TGV en Espagne : une tragédie inexpliquée

Un train de la compagnie privée Iryo a déraillé en roulant de Malaga vers Madrid, alors qu’il circulait à grande vitesse, tandis qu’un second train de la Renfe est arrivé à 200 km/h sur la voie opposée, entraînant une collision d’une extrême violence. Plus de 300 personnes se trouvaient à bord du premier train, qui a été fabriqué en 2022 et dont la dernière révision a eu lieu le 15 janvier dernier.


C’est un train de la compagnie privée Iryo, majoritairement détenue par le groupe public italien Ferrovie dello Stato, qui a déraillé en circulant à grande vitesse sur la route de Malaga vers Madrid. Un second train, appartenant à Renfe, le service public espagnol, est arrivé à 200 km/h sur la voie opposée, provoquant une collision d’une grande violence. Plus de 300 personnes se trouvaient à bord du premier train et 100 dans le second.

Les rames d’Iryo, qui ont entre 2 et 3 ans, sont considérées comme récentes et fiables, selon l’analyste ferroviaire et expert en mobilité Frédéric de Kemmeter. « Les trains qui circulent en Espagne sont identiques à ceux qui circulent en Italie, et il n’y a jamais eu aucun problème. » De plus, la dernière révision du train déraillé a eu lieu le jeudi 15 janvier. Ce train, mis en service en 2022, transportait 289 passagers, 4 membres d’équipage et 1 conducteur. À 19h45, pour des raisons encore inconnues, il a dévié sur la voie adjacente, selon un communiqué de l’opérateur.

Frédéric de Kemmeter soulève l’hypothèse d’une rupture d’essieux comme cause possible de l’accident, mais précise que ce type d’incident est extrêmement rare. Les images de la Guardia Civil montrent des secouristes sur le site de l’accident où le train Iryo déraillé a été percuté par un autre train.

Une question demeure : pourquoi le premier train a-t-il déraillé sur une ligne toute droite ? Selon un spécialiste, cela pourrait être dû à un problème d’aiguillage. « Il n’y a aucune raison de dérailler s’il n’y a pas de problème de voie. » Surtout, ce sont les deux dernières voitures qui ont quitté les rails.

Le ministre espagnol des Transports s’interroge également sur cet accident anormal : « Comment est-il possible qu’il se produise sur un tronçon rénové, avec un train quasiment neuf ? ». En effet, des cas similaires de déraillement à grande vitesse sont rares, hormis quelques incidents dus à des problèmes d’aiguillage en Italie. Pour les trains à grande vitesse, la vitesse était adaptée, 300 km/h pour le premier et 200 km/h pour le second.

L’enquête est prévue pour durer plusieurs mois, nécessitant d’abord le déblaiement et la remise en état des voies. Plus de 200 trains reliant Madrid à des villes andalouses comme Cordoue, Séville et Grenade ont été annulés. L’Espagne avait déjà connu un tragique déraillement en 2013 en Galice, où 80 personnes avaient perdu la vie. Cet accident est le sixième plus meurtrier en Europe au XXIe siècle, le dernier ayant eu lieu à Larissa en Grèce en 2023, tuant 57 personnes.

Le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, a exprimé ses condoléances : « C’est une nuit de profonde tristesse pour notre pays suite au tragique accident de train d’Adamuz. Je tiens à exprimer mes plus sincères condoléances aux familles et aux proches des victimes. »