France

Portugal : Portrait des candidats à la présidentielle, PS et extrême droite.

L’affiche du second tour de la présidentielle au Portugal est connue depuis le 8 février. Antonio José Seguro a obtenu 31 % des suffrages lors du premier tour, tandis qu’André Ventura a recueilli 23,5 % des voix.

Le 8 février, l’affiche du second tour de l’élection présidentielle au Portugal est désormais officielle, représentant un véritable bouleversement politique. Pour la première fois, un candidat d’extrême droite se qualifie pour le final du scrutin. De plus, depuis le début de la démocratie au Portugal, seule une élection présidentielle a été tranchée au second tour, en 1986.

Selon des résultats partiels presque complets, le socialiste Antonio José Seguro a remporté le premier tour dimanche avec 31 % des voix, tandis que le candidat populiste André Ventura a obtenu 23,5 %. Bien que le candidat de centre gauche soit en tête – même si le Premier ministre de droite Luís Montenegro a déclaré dimanche soir que son parti ne donnerait aucune indication de vote –, voici les portraits des deux candidats restants.

Seguro, un socialiste ancré au centre

A 63 ans, Antonio José Seguro est un ancien secrétaire général du Parti socialiste, identifié comme centriste, qui a refait surface après une période d’absence durant les mandats de son rival du PS, António Costa (2015-2024). En 2014, après une lutte interne, il avait cédé la direction du PS à l’ex-Premier ministre et actuel président du Conseil européen, qui lui reprochait d’être trop accommodant vis-à-vis de la politique d’austérité imposée alors par la droite sous la supervision des créanciers du Portugal.

Bien que sa campagne ait reçu un soutien timide des dirigeants socialistes actuels, elle a profité d’une dynamique positive, permettant de rassembler les voix des électeurs de gauche inquiets de ne pas avoir de candidat de leur famille politique au second tour. Se présentant comme une gauche « moderne et modérée », Antonio José Seguro, qui a les cheveux courts et de grosses lunettes rondes, a un parcours classique. Leader des jeunesses socialistes au début des années 1990, il a été député puis secrétaire d’État aux Sports sous le Premier ministre Antonio Guterres, aujourd’hui secrétaire général de l’ONU.

Numéro deux d’une liste menée par le fondateur du PS, Mário Soares, ce diplômé en sciences politiques et relations internationales a été élu au Parlement européen en 1999. Ce centriste a été contraint de se retirer une première fois alors que le Portugal était dirigé par le socialiste José Sócrates, qui a conduit le pays au bord de la faillite avant d’être accusé de corruption.

C’est à la suite du départ de José Sócrates qu’il a pris la tête du PS et, en tant que chef de l’opposition, a refusé de s’opposer à la mise en œuvre des mesures d’austérité exigées par l’Union européenne et le FMI en échange d’un plan de sauvetage en pleine crise de la dette de la zone euro. Cependant, avant même de pouvoir briguer le poste de Premier ministre, il a été évincé par une révolte interne dirigée par António Costa.

Ventura, l’artisan de la poussée d’extrême droite

A 43 ans, André Ventura est le leader emblématique de l’extrême droite portugaise, qui connaît une forte croissance électorale depuis la création de son parti, Chega (« Assez »), devenu l’année dernière la principale force d’opposition au gouvernement de droite.

Professeur de droit avec un visage juvénile et une barbe de trois jours, il a d’abord gagné en visibilité dans le paysage médiatique national grâce à ses interventions percutantes comme commentateur de football à la télévision, supporteur du Benfica Lisbonne. Élevé dans une famille modeste d’une banlieue populaire à l’ouest de la capitale, il a brièvement été au séminaire catholique, tenté sa chance en tant que romancier tout en travaillant comme inspecteur des impôts, avant d’utiliser ses talents de communicateur pour percer dans les médias puis en politique.

Candidat aux élections municipales sous l’égide du principal parti de centre droit portugais, il a acquis une notoriété nationale en s’en prenant à la communauté tsigane avec des déclarations xénophobes.

Conscient du potentiel d’un discours populiste dans un pays où aucun parti de ce type n’avait encore réussi, André Ventura a choisi de quitter son premier parti pour fonder le sien en 2019. En unissant plusieurs idéologies de la droite conservatrice à la plus radicale, en promettant de s’attaquer à la corruption et à l’immigration, ou encore en appelant à la castration chimique des pédophiles, ce perturbateur a fait son entrée au Parlement comme député unique de son parti la même année.

Notre dossier sur le Portugal

Lors de la présidentielle de 2021, il a terminé troisième, juste derrière la candidate socialiste, avec près de 500 000 voix et 11,9 % des suffrages. Élection après élection, Chega a confirmé sa montée, passant de 12 députés en 2022 à 50 en 2024, puis à 60 élus avec près de 23 % des voix en mai dernier, devançant le Parti socialiste et devenant le principal parti d’opposition au gouvernement de droite de Luís Montenegro.