Question de la semaine : Comment motiver sans le « nudge management » ?
Le « nudge management » a émergé d’abord aux États-Unis et connaît aujourd’hui un succès croissant. Dans son ouvrage « Passer au nudge management », le philosophe et psychosociologue Alex Mucchielli souligne que de nombreux managers expérimentés utilisent intuitivement ces techniques.

La Presse — Une question préoccupe souvent les managers : comment inciter leurs collaborateurs à s’engager davantage tout en surmontant leurs défis ?
Demeurant perplexe, le manager se tourne souvent vers des manuels prédéfinis, énumérant des comportements, bonnes pratiques et méthodes « miraculeuses », considérées comme des approches idéales pour exercer un leadership.
Cependant, ces recommandations demeurent souvent inefficaces : la complexité des interactions humaines en milieu professionnel requiert une approche bien plus nuancée pour être comprise et gérée efficacement.
C’est dans ce contexte que le « nudge management » a vu le jour, d’abord aux États-Unis, et connaît aujourd’hui une popularité croissante. Bien que ce concept se fonde sur la sociologie de l’action, la cognition distribuée et l’économie comportementale, son but est clair : rendre la vie quotidienne des collaborateurs plus agréable, motivante et productive.
La traduction littérale de l’anglais « nudge », signifiant « légère poussée sur l’épaule », évoque le fait que le « nudge management » consiste à adapter subtilement l’environnement de travail afin d’influencer favorablement les comportements des employés.
L’idée principale est marquante : le manager doit observer et comprendre tous les éléments de l’environnement de travail de ses collaborateurs, y compris les objets physiques, leurs routines, les interactions et les pratiques culturelles, pour ensuite intervenir dans le but de créer un environnement incitatif.
Il ne s’agit pas de transformations radicales, mais de petites modifications souvent imperceptibles qui, cumulées, favorisent la coopération, l’engagement et le bien-être au sein des équipes. Ces actions, bien que paraissant banales, exercent un réel impact psychologique : un sourire à un collaborateur crée immédiatement une ambiance détendue, un espace café bien conçu incite à la pause et aux échanges informels, réduisant ainsi le stress et renforçant les liens.
La science le prouve : certaines conduites humaines, profondément ancrées, peuvent être sollicitées pour améliorer l’interaction professionnelle. Ainsi, le « nudge management » permet au manager de bâtir un climat de confiance, d’encourager motivation et engagement, et de renforcer la cohésion de l’équipe. Chaque détail est essentiel : l’organisation de l’espace, la manière de communiquer les informations, les interactions quotidiennes ou même l’aménagement des bureaux peuvent devenir de véritables outils d’influence positive.
Dans son livre « Passer au nudge management », le philosophe et psychosociologue Alex Mucchielli met en avant que de nombreux managers expérimentés utilisent intuitivement ces techniques. En humanisant et dynamisant l’environnement de travail, ils augmentent la performance collective sans avoir recours à des mesures coercitives ou à des incitations financières lourdes.
Le « nudge management » repose donc sur une compréhension fine des mécanismes humains et de la dynamique sociale au sein des équipes.
Il transforme la gestion des collaborateurs en un processus de petites interventions réfléchies, cherchant à optimiser à la fois le bien-être et l’efficacité.
Il s’avère donc être un outil précieux pour les managers, constituant une méthode douce, intelligente et efficace de diriger l’entreprise.

