Présentation à Madrid du potentiel énergétique et minier du Maroc
Le potentiel minier et énergétique du Maroc a été présenté, jeudi à Madrid, lors d’une conférence scientifique organisée par le Collège officiel des géologues d’Espagne. Le Maroc a lancé un plan ambitieux 2021-2030 dédié au développement de la cartographie géologique nationale, comprenant la réalisation de cartes géochimiques dans l’Anti-Atlas et les provinces du Sud.
Le potentiel minier et énergétique du Maroc a été exposé jeudi à Madrid lors d’une conférence scientifique organisée par le Collège officiel des géologues d’Espagne. L’événement a mis en avant la diversité géologique du Royaume ainsi que l’importance stratégique de ses ressources naturelles pour l’économie du pays et la transition énergétique. Le professeur à l’Université Abdelmalek Essaâdi, Mohamed Benmakhlouf, a souligné l’impact direct de cette diversité sur les ressources minérales et les réserves en eau du pays.
Selon lui, le secteur minier est un des principaux piliers de l’économie nationale, représentant près de 10% du Produit Intérieur Brut (PIB). Avec 70% des réserves mondiales de phosphate, le Maroc joue un rôle crucial dans la sécurité alimentaire mondiale et possède également des gisements stratégiques de cobalt, d’argent et de cuivre, qui sont essentiels pour la transition vers des technologies écologiques.
Cette richesse attire un nombre croissant de fabricants internationaux de batteries et de véhicules électriques. Des études récentes indiquent également la présence de roches mères riches en matière organique ainsi que de gisements encore inexploités dans diverses régions du pays.
Pour valoriser ce potentiel, le Royaume a lancé un plan ambitieux de développement de la cartographie géologique nationale pour la période 2021-2030. Ce programme inclut la mise en place de cartes géochimiques dans l’Anti-Atlas et les provinces du Sud afin de repérer de nouveaux gisements de ressources naturelles, a précisé M. Benmakhlouf.
Concernant l’énergie, malgré des ressources limitées en hydrocarbures, le Maroc a fait le choix déterminé d’investir dans les énergies renouvelables, visant à ce qu’elles représentent 52% du mix énergétique national d’ici 2030, tout en diminuant la consommation énergétique globale de 20%.
Cette stratégie repose sur la diversification de la production, la décarbonation de l’industrie et le développement de nouvelles filières comme l’hydrogène vert, tout en respectant les engagements environnementaux internationaux du pays.
La rencontre a également mis en évidence les similitudes géologiques entre le nord du Maroc et le sud de l’Espagne, permettant d’envisager un renforcement de la coopération scientifique et technique, notamment par l’échange numérique de données géoscientifiques.
En conclusion, l’expert a appelé à une plus grande implication des universités et des centres de recherche dans les études géologiques pour accompagner la transformation du secteur minier marocain en un modèle durable et responsable, dans un contexte marqué par un intérêt croissant pour l’exploration énergétique, notamment du gaz, au Maroc.

