Algérie

EHU d’Oran : 11 patients guéris d’un cancer du sang grâce au Dr Mansour

Le Dr Mansour Belkacem a présenté les détails du protocole d’autogreffe de cellules souches mis en place à l’Hôpital Universitaire (EHU) d’Oran, où l’activité a crû de 11 greffes en 2009 à 150 en 2019. Le protocole d’Oran atteint une survie globale de 85 % à 5 et 10 ans pour les patients greffés en première intention.


Le Dr Mansour Belkacem, maître-assistant en hématologie, a exposé les détails du protocole d’autogreffe de cellules souches instauré à l’Hôpital Universitaire (EHU) d’Oran. Cette méthode, adaptée au contexte local, a démontré des résultats cliniques significatifs.

Lors d’une communication scientifique, le Dr Mansour Belkacem a retracé l’évolution de l’unité d’autogreffe d’Oran, mise en place pour réduire les coûts élevés des transferts de patients vers l’étranger. Depuis son lancement, le service a vu son activité augmenter, passant de 11 greffes en 2009 à 150 en 2019.

L’un des objectifs récents de ses travaux est une étude clinique réalisée sur 11 patients ayant rencontré des difficultés de mobilisation de cellules souches. Dans ces cas, l’équipe médicale a recours à une version générique du Plerixafor (produit par le laboratoire Hétéro) pour faciliter la collecte des cellules nécessaires à la greffe.

Les résultats de cette étude, publiés en février 2021, montrent qu’aucune différence significative n’a pu être constatée entre le médicament générique et le médicament de marque en matière d’efficacité. Cette validation assure la continuité des soins en dépit des limitations budgétaires ou des ruptures de stock.

Le Dr Mansour a également présenté plusieurs spécificités du protocole oranais qui diffèrent des standards européens, afin de s’ajuster aux ressources disponibles :

– **Conservation à 4°C** : Les cellules souches prélevées ne sont pas systématiquement cryopréservées à l’azote liquide, mais conservées au réfrigérateur. Le Dr Mansour soutient que cette méthode simplifiée ne nuit pas à la viabilité du greffon.

– **Cryothérapie orale** : Pour prévenir les mucites (inflammations buccales sévères) après une chimiothérapie intensive, le service fait usage de glaçons et d’éconazole, une approche jugée efficace et peu coûteuse.

– **Prévention des thromboses** : Une étude publiée en juin 2022 par le Dr Mansour validera également l’efficacité de l’utilisation préventive d’HBPM (Lovenox) pour réduire le risque de complications thrombotiques durant la procédure.

Concernant les résultats sur la survie des patients, le Dr Mansour a mentionné des données sur les lymphomes de Hodgkin à un stade avancé. Dans cette catégorie, le protocole d’Oran parvient à une **survie globale de 85 % à 5 et 10 ans** pour les patients greffés en première intention, là où ce taux diminue à 64 % pour ceux greffés après une rechute, soulignant ainsi l’importance d’une intervention précoce.

Actuellement, l’unité de l’EHU d’Oran propose un suivi mensuel des patients et collabore avec des médecins référents dans plusieurs wilayas (Annaba, Béjaïa, Blida, etc.) pour assurer un suivi post-greffe à l’échelle nationale.

Le secteur de la santé à Alger se prépare à franchir un tournant important. À l’issue d’une visite d’inspection ce dimanche, le ministre de la Santé, Mohamed Seddik Aït Messaoudene, a annoncé la mise en service prochaine de plusieurs infrastructures hospitalières majeures à Alger, prévues pour la fin du deuxième trimestre 2026. Ce programme ambitieux vise à désengorger les établissements existants et à améliorer durablement la prise en charge des patients.

Accompagné du wali d’Alger, Mohamed Abdenour Rabehi, le ministre a examiné plusieurs projets hospitaliers considérés comme prioritaires pour la wilaya, faisant partie d’une stratégie globale pour renforcer le maillage sanitaire de la capitale, qui subit depuis plusieurs années une forte pression sur ses structures de soins.

Le plan de déploiement prévoit la livraison de **trois nouveaux hôpitaux de 120 lits chacun**, stratégiquement répartis pour couvrir différentes zones de la capitale. À ces établissements s’ajoute la réalisation d’une **maternité de 60 lits à Reghaïa**, portant la capacité totale supplémentaire à **420 lits**, jugée essentielle pour répondre à la demande croissante, notamment dans les spécialités liées à la santé maternelle et infantile.

Concernant l’avancement des travaux, l’état d’avancement est jugé très satisfaisant, avec un taux de réalisation atteignant près de **95 %**, selon le ministre de la Santé, ce qui laisse entrevoir une livraison dans les délais.

Ces nouvelles infrastructures se distingueront également par leur équipement, avec des matériels modernes, en particulier en matière d’imagerie médicale, afin de respecter les normes internationales de soins. Le wali d’Alger a confirmé que les opérations d’acquisition et d’installation des équipements sont déjà en cours, garantissant ainsi une mise en service effective au deuxième trimestre 2026.

Les autorités envisagent de poursuivre ces efforts, avec l’annonce par Mohamed Abdenour Rabehi de l’ouverture de concertations pour déterminer les terrains destinés à accueillir **deux nouveaux Centres Hospitalo-Universitaires (CHU)**, l’un à l’est et l’autre à l’ouest de la capitale.

L’objectif est clair : **réduire la pression structurelle** qui pèse depuis des années sur les cinq grands hôpitaux actuels de la wilaya d’Alger, qui accueillent une patientèle provenant de l’ensemble du territoire national.

Cette initiative s’inscrit dans les orientations définies par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune. « L’État réaffirme son engagement à développer le secteur de la santé à travers le renforcement des infrastructures et des ressources humaines », a rappelé le ministre, soulignant la coopération entre les services de la wilaya et les acteurs du secteur.