France

Droits de douane : L’Union européenne pourrait-elle riposter aux Etats-Unis ?

Emmanuel Macron pourrait demander « l’activation de l’instrument anti-coercition » de l’UE face aux nouvelles menaces de surtaxes douanières brandies par Donald Trump. Cet « instrument anti-coercition » a été adopté en 2023 par l’Union européenne pour se protéger des attaques comme celle perpétrée par Donald Trump avec sa hausse soudaine des droits de douane.

Mise à jour du 18/01/2026 : Alors que l’entourage d’Emmanuel Macron indique que celui-ci pourrait demander « l’activation de l’instrument anti-coercition » de l’UE face aux nouvelles menaces de surtaxes douanières brandies par Donald Trump, nous vous proposons la relecture de cet article récent consacré à ce « bazooka » économique

Pour un ministre français, il s’agit d’un « instrument anti-coercition ». Mais pour Robert Habeck, c’est un véritable « bazooka ». Ce que le ministre de l’Économie allemand décrit comme une arme de guerre est en réalité un outil mis en place en 2023 par l’Union européenne pour se protéger des attaques telles que celle initiée par Donald Trump avec sa hausse soudaine des droits de douane. Cet « instrument anti-coercition » pourrait-il être utilisé pour répondre au président américain ? Au sein des 27 États membres, certains n’hésitent pas à revendiquer que cet « ACI » pour « anti-coercion instrument » soit déployé face aux décisions hasardeuses d’un homme qui souhaite être le seul à décider.

Le problème de cet outil pourrait résider dans son appellation, qui ne parle pas vraiment aux citoyens. Précisons que la coercition désigne le fait de contraindre quelqu’un par la menace ou la force. Avec des taux de 20 % imposés par les États-Unis, on y est. Mais pour y faire face, un terme plus percutant aurait été préférable, du genre « bouclier méga réfléchissant », « dôme intersidéral de protection » ou « super arsenal de défense intracommunautaire (le Sadic) », peu importe. L’Europe a choisi la sobriété, évoquant plutôt une « boîte à outils ». Qui reste néanmoins redoutable.

Jamais utilisé depuis son adoption en 2023, cet instrument permettrait par exemple de bloquer des investissements ou d’interdire l’accès aux marchés publics européens. Les géants de la technologie pourraient alors être privés de contrats majeurs. Mais peut-on réellement se permettre de renoncer à cela ? Ce fameux « ACI » peut également entraîner des hausses de droits de douane sur certains produits importés et même interdire l’accès à certains services dans l’UE. Un marché colossal représentant 450 millions d’habitants, soit « plus que la population américaine », comme l’avait souligné Emmanuel Macron lors de son discours devant des dirigeants d’entreprise.

Commencer par tenter de se mettre d’accord

Le problème, c’est que toute décision en matière de politique étrangère européenne requiert l’unanimité des 27 États membres. Par le passé, l’UE a réussi à se défendre, notamment lorsque la Chine avait imposé des restrictions commerciales à la Lituanie. Ce pays s’en était ému et avait reçu le soutien des 27, qui avaient engagé des litiges auprès de l’Organisation mondiale du Commerce (OMC). Mais sans brandir son « bazooka ». En effet, cet « instrument anti-coercition » (toujours peu séduisant comme appellation) a été pensé principalement comme un outil de dissuasion à n’utiliser qu’en cas d’épuisement des voies diplomatiques. Le dialogue avant tout.