Tunisie

Intelligence artificielle : Un atout majeur pour la croissance tunisienne

L’intelligence artificielle apparaît comme un levier essentiel pour renforcer l’économie tunisienne face aux mutations technologiques rapides. Amina Bouzguenda Zeghal, directrice générale de « Dauphine Tunis », déclare que l’IA constitue aujourd’hui une opportunité sans précédent pour la Tunisie.


L’intelligence artificielle (IA) est vue comme un levier crucial pour dynamiser l’économie tunisienne face aux évolutions technologiques rapides. Elle offre la possibilité de mettre en valeur le capital humain, de moderniser des secteurs clés et de réduire les inégalités territoriales. Le développement de l’IA requiert un investissement simultané dans la formation des talents, les infrastructures numériques ainsi que dans la collaboration entre universités, entreprises et pouvoirs publics.

Amina Bouzguenda Zeghal, directrice générale de « Dauphine Tunis », a déclaré que l’IA représente une occasion sans précédent pour la Tunisie. Elle permet de valoriser un capital humain qualifié, en particulier dans les domaines des mathématiques, de l’ingénierie et du numérique, tout en accélérant la transformation numérique de secteurs essentiels comme la santé, la finance et l’administration publique.

L’IA stimule également la création de startups innovantes à forte valeur ajoutée, offrant ainsi des perspectives concrètes pour une croissance économique durable et un renforcement de la compétitivité à l’échelle régionale et africaine.

Pour se positionner comme un acteur crédible dans le domaine de l’IA à l’international, il est crucial de former les talents tunisiens et africains à travers des programmes adaptés aux besoins du marché, a souligné Bouzguenda Zeghal. Les formations s’appuient sur l’excellence académique de l’Université « Paris Dauphine-PSL » et ses laboratoires spécialisés. Parmi eux, le laboratoire « Lamsade » se concentre sur l’aide à la décision, l’optimisation et les sciences des données, tandis que le Centre de recherche en mathématiques de la décision « Ceremade » se penche sur les bases mathématiques essentielles à l’IA. Elle a ajouté que cette collaboration permet aussi de mobiliser des formateurs experts, une ressource qui fait défaut dans la région.

Elle a également mentionné : « Grâce à cette approche, nous formons chaque année un vivier de compétences tunisiennes et africaines, prêtes à s’insérer rapidement sur le marché du travail. Bien que certains diplômés choisissent d’exercer à l’étranger, ils reviennent enrichis d’une expérience précieuse, au service d’un écosystème local durable. »

Selon Amina Bouzguenda Zeghal, l’IA pourrait devenir un véritable levier de développement inclusif pour toutes les régions de Tunisie. Cela nécessitera des politiques volontaristes visant à réduire les inégalités territoriales et à garantir une inclusion numérique équitable. L’élargissement de la couverture en fibre optique, en 5G et des solutions satellitaires dans les zones rurales est une priorité, soutenue par des partenariats avec le secteur privé. Par ailleurs, l’établissement de centres de compétences tels que des « fab labs » et des « data labs » permet de former les talents et de stimuler l’innovation régionale.

Cette dynamique favorise la création de startups et de solutions d’IA en réponse aux besoins spécifiques des territoires : agriculture intelligente, gestion de l’eau, santé de proximité ou services publics. Elle entraîne une demande locale de compétences numériques ainsi que des bénéfices économiques directs, tout en intégrant l’IA dans les services publics régionaux, notamment dans l’éducation et la santé.

Amina Bouzguenda Zeghal a souligné l’importance de la coopération entre entreprises, universités et institutions publiques comme fondement de cette dynamique. Le secteur privé investit dans la formation et soutient des partenariats avec les universités, notamment en cofinançant des laboratoires ou en accompagnant des startups locales en IA. Cette complémentarité crée un vivier de talents compétitifs et innovants.

Les pouvoirs publics complètent cette stratégie en offrant un cadre réglementaire clair et des infrastructures efficaces. Les partenariats public-privé (PPP) représentent un levier stratégique, permettant de rassembler les ressources et les risques, de financer des infrastructures coûteuses comme les centres de données ou les plateformes cloud, et d’accélérer la formation grâce à l’expertise des entreprises et à la rigueur académique des universités.

Ainsi, les startups et projets IA sont soutenus financièrement et techniquement, répondant à des besoins publics ou régionaux.

En conclusion, la Tunisie peut obtenir un impact économique durable : les talents formés contribuent à l’innovation locale, les startups et solutions en IA se développent et s’exportent, et le pays se positionne progressivement comme un hub régional de l’économie numérique. Plus les compétences se développent, plus les innovations locales prospèrent et renforcent la position de la Tunisie, a affirmé Amina Bouzguenda Zeghal.