Traite des mineurs en ligne : plainte de l’Organisation de Protection des Enfants de la Méditerranée
L’Organisation Internationale de protection des Enfants de la Méditerranée (OPE Méditerranée) a annoncé ce samedi le dépôt d’une plainte en justice afin de poursuivre les propriétaires de pages et de comptes actifs sur les réseaux sociaux. L’organisation rappelle que ces pratiques sont classées comme des crimes graves par la législation tunisienne.
L’Organisation Internationale de protection des Enfants de la Méditerranée (OPE Méditerranée) a annoncé ce samedi avoir déposé une plainte en justice pour poursuivre les propriétaires de pages et de comptes actifs sur les réseaux sociaux. L’organisation appelle à la mobilisation des moyens logistiques nécessaires pour identifier les responsables de dizaines de pages qui ciblent les mineurs tunisiens par des méthodes de détournement numérique systématiques.
Dans certains cas, ces pratiques ont abouti à des marchés de services sexuels tarifés. Le communiqué de l’organisation indique que ces annonces comprennent des descriptions physiques des enfants, leurs âges, les prix des services ainsi que les lieux de rencontre.
Les constatations directes de l’organisation montrent qu’il ne s’agit pas de cas isolés, mais d’un phénomène criminel en pleine expansion.
L’organisation qualifie ces espaces de « lupanars numériques » gérés par des courtiers qui répondent aux demandes de criminels à travers des annonces commerciales indiquant le lieu, l’heure et le tarif. Ces pages sont souvent interconnectées et utilisent parfois des noms de quartiers tunisiens ou des symboles spécifiques pour faciliter le contact entre agresseurs et victimes.
L’organisation souligne que ces actes représentent une agression flagrante contre l’intégrité psychologique et l’équilibre de l’enfant. Elle rappelle que ces pratiques sont classées comme des crimes graves par la législation tunisienne.
Face à cette urgence, l’organisation appelle le ministère des Technologies de la communication ainsi que les services de sécurité à intervenir de manière décisive. Elle exige que ces pages soient le point de départ d’enquêtes pénales approfondies pour traquer les auteurs, même s’ils utilisent des comptes anonymes ou fictifs.
Enfin, elle insiste sur la nécessité de renforcer le rôle des unités de lutte contre la cybercriminalité et d’activer des mécanismes de protection de l’enfance proactifs. Pour l’organisation, la protection des enfants dans l’espace numérique est désormais une question de sécurité nationale et constitue une obligation légale pour empêcher que ces « crimes silencieux » ne se transforment en une catastrophe sociétale.

