Bretagne : Qui veut travailler sur cette île paradisiaque (mais infestée de bombes) ?
Le Conservatoire du littoral a lancé un appel à manifestation d’intérêt pour occuper l’île de Cézembre, située au large de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine). Les personnes intéressées ont jusqu’au 27 février pour déposer leur dossier auprès du Conservatoire.
Qui souhaite travailler sur Cézembre ? À la recherche d’un porteur de projet, le Conservatoire du littoral a lancé un appel à manifestation d’intérêt pour occuper cette petite île située au large de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine). Un emploi peu ordinaire. Dans un lieu unique. Explications.
Selon la légende, l’île de Cézembre a été le site le plus bombardé durant la Seconde Guerre mondiale. Fortifiée par l’occupant allemand en mai 1942, la plus grande île de la baie de Saint-Malo était alors parsemée de blockhaus, tranchées et casemates. À l’été 1944, ce morceau de terre de 10 hectares aurait été frappé par l’équivalent de 1.700 tonnes de bombes explosives et 32 bombes incendiaires. Ce n’est pas tout. Cézembre est également « réputée » pour avoir été touchée par 176 bombes contenant du napalm, une substance gélifiée utilisée pour coller aux ennemis et les brûler.
Ces bombardements massifs ont durablement marqué l’île. La guerre a même façonné son relief, créant des cratères sur sa surface. Le problème, c’est qu’il reste probablement de nombreuses bombes encore sur l’île. Il est donc totalement interdit de s’aventurer au-delà des zones autorisées. D’importantes opérations de déminage ont été réalisées pour ouvrir, en 2017, un sentier sécurisé de 800 mètres.
Le repaire historique risque de fermer
Avec cet accès très limité au public, Cézembre est devenue un véritable havre de paix pour la faune et la flore. Seul un petit restaurant, ouvert en été, continuait d’accueillir des visiteurs. Suite au décès soudain de son gérant Franck Meslier, le « Repaire des corsaires » a continué de fonctionner, proposant des poissons cuits au barbecue dans un cadre exceptionnel. Cette aventure pourrait cependant toucher à sa fin avec l’expiration imminente de la convention d’occupation. Le Conservatoire du littoral souhaite donc « identifier un porteur de projet capable de concilier accueil du public, information/sensibilisation à l’environnement littoral et à l’histoire de l’île, et développement d’une activité économique durable. »

Avant toute ouverture, des travaux seront de toute façon nécessaires. « Le restaurant, c’est un peu un espace alternatif. Il est resté en stand-by. Il sera nécessaire de le remettre aux normes », déclare Daniel Cueff, vice-président de la région Bretagne en charge de la mer et du littoral. Mais il ne s’agit pas de faire n’importe quoi. « Le projet doit tenir compte de la fragilité des lieux », ajoute l’élu. Les personnes intéressées ont jusqu’au 27 février pour soumettre leur dossier auprès du Conservatoire.

