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Manifestants tués en Iran : divers bilans et manque d’accès aux infos

L’ONG Iran Human Rights (IHR) a affirmé avoir vérifié la mort de 3428 manifestants tués par les forces de sécurité. À la date du 15 janvier, Human Rights Activists in Iran (HRANA) a indiqué que 2677 décès avaient été confirmés et qu’elle enquêtait sur 1693 autres cas.


L’ONG Iran Human Rights (IHR), établie en Norvège, déclare avoir confirmé la mort de 3428 manifestants tués par les forces de sécurité. Ce bilan inclut des cas établis par l’organisation ou corroborés par deux sources indépendantes.

Ce chiffre repose également sur des informations obtenues de sources au sein du ministère de la Santé pour la période du 8 au 12 janvier, selon un rapport récent.

Cependant, IHR avertit que le bilan réel est probablement bien plus élevé, avançant des estimations variant entre 5000 et 20 000 morts, des chiffres dont la vérification est entravée par le black-out internet imposé le 8 janvier.

Au 15 janvier, Human Rights Activists in Iran (HRANA), basée aux États-Unis, a indiqué que 2677 décès avaient été confirmés et qu’elle enquêtait sur 1693 autres cas. L’organisation a aussi mentionné 2677 personnes grièvement blessées.

Iran International, une chaîne d’opposition en persan basée à l’étranger, prétend que plus de 12 000 personnes auraient été tuées durant les manifestations, principalement les 8 et 9 janvier, en se basant sur des sources de haut niveau au sein du gouvernement et des services de sécurité.

Elle a déclaré : « Après recoupement d’informations obtenues auprès de sources fiables, notamment le Conseil suprême de sécurité nationale et le cabinet présidentiel, l’estimation initiale des institutions de sécurité de la République islamique est qu’au moins 12 000 personnes ont été tuées dans ces tueries à l’échelle nationale. »

Citant « deux sources, dont une en Iran », la chaîne américaine CBS News a rapporté cette semaine : « qu’au moins 12 000 personnes, et peut-être jusqu’à 20 000, ont été tuées. »

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré à Fox News que la mobilisation aurait causé « des centaines » de morts.

Il a qualifié les autres chiffres comme une « exagération » dans le cadre d’une « campagne de désinformation » visant à inciter le président américain Donald Trump à exécuter sa menace de frapper l’Iran si des manifestants étaient tués.

Les autorités iraniennes ont rapporté des dizaines de morts parmi les forces de sécurité, sans fournir de bilan global récent. Les funérailles de membres des forces de sécurité décédés sont devenues des rassemblements massifs dans la République islamique.

Volker Türk, Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, a déclaré en début de semaine être « horrifié » par la violence contre les manifestants.

Amnesty International a dénoncé un « massacre », mentionnant dans un rapport daté du 14 janvier que, « de l’aveu des autorités », le bilan s’élevait à 2000 morts, tout en notant que des ONG avancent des chiffres beaucoup plus élevés.

Human Rights Watch estime que « des milliers de manifestants et de passants auraient été tués », en précisant que les « sévères restrictions des communications » imposées par le gouvernement ont « dissimulé l’ampleur réelle des atrocités ».

À Genève, un porte-parole de l’ONU pour les droits humains a déclaré à l’AFP être en contact avec plusieurs organisations, dont l’IHR, et « recevoir des informations faisant état d’un nombre de morts élevé, bien supérieur à celui des précédentes manifestations, ce qui laisse entrevoir des niveaux de violence inédits ».