Belgique

Budget de la Défense à 2% : l’armée belge ne sera pas mieux équipée ?

Le budget de l’armée belge a atteint 2% du Produit Intérieur Brut fin 2025, ce qui représente environ 12,8 milliards d’euros dépensés sur cette année. La Défense a investi 1,8 milliard dans des équipements, dont l’achat de nouveaux blindés et de F-35, mais il a été indiqué que la Belgique n’est pas prête pour le moment.


Le budget de l’armée belge devrait atteindre 2% du Produit Intérieur Brut d’ici fin 2025, selon les informations confirmées par le cabinet du ministre de la Défense, Théo Francken. Ce pourcentage correspond à environ 12,8 milliards d’euros pour l’année 2025, soit 1160 euros par habitant. D’après le site du SPF, qui publie le budget du gouvernement fédéral, la Défense devient ainsi le troisième plus gros budget de l’État, derrière la sécurité sociale (qui représente 2,5 fois cette somme) et les diverses dotations. À titre de comparaison, le budget de la justice est près de cinq fois inférieur.

Parmi les 12,8 milliards, on retrouve d’abord les frais de fonctionnement, incluant les salaires, les dépenses liées aux infrastructures, aux combustibles et à l’entretien du matériel. Notamment, ces frais incluent également l’achat de munitions, qui sont considérées comme des biens consommables, semblables à des cartouches d’encre. Cette année, la Défense a investi plus de 2 milliards d’euros en munitions, la situation étant devenue critique ces dernières années. Cette augmentation du budget est également liée à la hausse des salaires, conséquence d’un recrutement actif, avec un objectif d’attirer 4500 personnes.

Le budget inclut également l’effort externe, englobant les dépenses indirectes pour la sécurité collective, telles que les pensions des militaires retraités et le soutien à l’Ukraine. Par ailleurs, les investissements atteignent 1,8 milliard d’euros, permettant, entre autres, d’acquérir de nouveaux blindés et de financer une partie des avions F-35, dont les coûts seront répartis sur plusieurs années.

Concernant l’équipement de l’armée belge, bien que des progrès aient été réalisés, les délais de production et de livraison signifient que les investissements de 2025 ne se traduiront concrètement qu’à long terme. Les livraisons sont attendues entre 2026 et 2034. Néanmoins, des améliorations ont été notées, notamment une augmentation des stocks de munitions et la réception de matériel commandé précédemment, tels que des navires anti-mines et des blindés Griffons.

La défense belge est confrontée aux défis de l’évolution rapide des menaces et des technologies militaires. Pour faire face à cela, une loi de programmation militaire a été adoptée fin décembre, visant à planifier les achats futurs jusqu’en 2034.

D’un autre côté, la gestion de l’information par la Défense reste opaque. Bien qu’il y ait des livraisons en cours, il est difficile de savoir exactement ce qui a été reçu. Contrairement à la France et aux Pays-Bas, qui publient des rapports annuels accessibles en ligne sur l’équipement militaire, la Belgique n’a pas pour l’instant mis à disposition de tels documents.

Au cours des prochaines années, la Belgique s’attend à recevoir de nombreuses livraisons basées sur des commandes passées depuis 2018. Cela inclut plus de mille blindés ainsi que des canons Caesar, les blindés Serval et les modèles Griffon et Jaguar issus du programme CaMo, conçu pour des opérations communes avec la France. En ce qui concerne les F-35, la Belgique a reçu quatre appareils et attend encore trente autres. La Défense a aussi reçu des canons anti-drones en fin d’année, en plus de plusieurs navires anti-mines.

Le commandant de la Défense, Frédérik Vansina, a précisé que l’objectif reste la protection de la population, avec un investissement dans des équipements modernes, tout en soulignant l’importance des infrastructures et de la formation.

Le gouvernement fédéral projette de continuer à moderniser l’armée avec un budget de 34 milliards d’euros sur huit ans, en prévoyant l’acquisition de F-35 supplémentaires, de blindés, d’hélicoptères de recherche, de systèmes antiaériens, ainsi qu’un nouveau navire de commandement et une troisième frégate. Toutefois, il est évident que la modernisation prend du temps. En réponse à la question de la préparation de la Belgique face aux évolutions géopolitiques, le chef de la Défense a affirmé : « Nous ne sommes pas prêts pour le moment, mais nous travaillons très dur ».