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L’ADEME met en garde : l’IA, une menace énergétique majeure.

En 2024, la consommation mondiale des centres de données a atteint 415 térawattheures (TWh). D’ici 2035, la consommation induite par les usages français pourrait quadrupler, passant de 23,7 TWh en 2024 à 105,5 TWh.

Les centres de données, en fonctionnement continu avec des milliers de serveurs, représentent d’importantes sources de consommation énergétique. Quelles seront les prévisions de leur consommation électrique dans les années à venir ? L’ADEME a analysé la situation et anticipe une augmentation significative de la demande.
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À l’échelle mondiale, la consommation électrique est attendue pour connaître une forte augmentation en raison de l’électrification des usages, mais surtout à cause de l’expansion des centres de données. Leur demande en électricité ne cesse de croître. En 2024, la consommation mondiale des centres de données atteindra déjà 415 térawattheures (TWh), presque équivalente à celle de la France pour la même période (449 TWh).

Face à cette problématique, plusieurs organismes examinent les répercussions des data centers sur le réseau électrique. En janvier, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME) a mis à disposition une étude explorant les évolutions possibles de la consommation énergétique de ces infrastructures.

Quelles technologies feront le plus appel aux centres de données ?

D’après l’ADEME, l’intelligence artificielle est appelée à être le principal moteur de la croissance numérique, entraînant ainsi une hausse de la consommation des centres de données. Cette technologie nécessite des capacités de calcul importantes, fonctionne de manière continue et se généralise dans presque tous les secteurs.

De surcroît, son fonctionnement ne se limite pas seulement aux usages directs : l’entraînement, la mise à jour, les tests et l’affinage des modèles exigent souvent des semaines, voire des mois de calcul dans de vastes fermes de serveurs.

L’ADEME souligne également que la blockchain pourrait connaître une forte augmentation dans les années à venir, malgré sa situation encore marginale en France. En effet, dans ce système, chaque transaction est traitée non pas par un seul serveur, mais par des milliers de machines localisées dans le monde entier, qui vérifient et enregistrent la même information.

L’agence évoque une interconnexion croissante des machines à travers des capteurs, des objets connectés et des systèmes automatisés. Cet échange entre machines engendre un flux continu de données, amplifiant ainsi les besoins en calcul et en stockage.

Enfin, des enjeux de souveraineté numérique, de sécurité des données et des besoins liés à la défense pourraient promouvoir la construction et l’exploitation de nouveaux centres de données, ainsi que leurs besoins énergétiques induits.

Une consommation quadruplée dans moins de 10 ans ?

L’étude décline cinq scénarios d’évolution de la consommation des data centers. Le premier repose sur la tendance actuelle, en prenant en compte un contexte où les usages numériques explosent et les infrastructures continuent de s’agrandir. Par conséquent, d’ici 2035, la consommation due aux usages en France pourrait quadrupler, passant de 23,7 TWh en 2024 à 105,5 TWh, puis atteignant 234,97 TWh en 2060.

Cette étude indique qu’une part significative de cette électricité est consommée à l’étranger. En d’autres termes, elle correspond aux services numériques utilisés par les Français, mais hébergés ailleurs.

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Les estimations de l’ADEME concernant l’évolution de la consommation des centres de données induite par les usages français. Estimations basées sur le scénario actuel. // Source : ADEME

Parmi l’ensemble des scénarios étudiés, seuls ceux axés sur la sobriété permettent de contenir la consommation électrique et l’empreinte carbone du numérique. À l’opposé, une stratégie reposant uniquement sur la technologie entraînerait une explosion des besoins énergétiques, difficilement compatible avec les objectifs climatiques.