Tourisme : Record de fréquentation en Espagne, pression sur la France
L’Espagne a accueilli près de 100 millions de touristes étrangers en 2025, selon le gouvernement, tandis que le ministre du Tourisme Jordi Hereu a annoncé que le pays avait enregistré 97 millions de visiteurs en 2024. Le secteur touristique représentait 12,6 % du PIB espagnol en 2024, d’après l’Institut national des statistiques (INE).
L’Espagne est-elle en passe de devenir la première destination touristique mondiale ? En tout cas, Madrid se positionne pour s’imposer. Le pays, célèbre pour ses tapas, a attiré près de 100 millions de touristes étrangers en 2025, une « réussite collective » saluée ce jeudi par le gouvernement.
Selon les premières estimations, l’Espagne a reçu l’an dernier 97 millions de visiteurs, a annoncé le ministre du Tourisme Jordi Hereu lors d’une conférence de presse à Madrid. Ce nouveau record, dépassant les 94 millions de touristes accueillis en 2024, prouve, selon lui, que l’Espagne est un pays « très attractif », « qui séduit ».
### Continuer à faire grandir le tourisme
L’Espagne, qui suit la France au classement des principales destinations touristiques mondiales, a généré l’année passée 135 milliards d’euros de recettes, en hausse de 6,8 % par rapport à l’année précédente, d’après l’estimation du ministre. Celui-ci a largement souligné les retombées économiques engendrées par cet afflux massif de visiteurs.
Cependant, Jordi Hereu a appelé les professionnels du secteur à « diversifier » et « contrôler » l’offre, surtout dans les régions les plus fréquentées, afin de proposer « plus de qualité » et de « continuer à croître » à l’avenir. Dans son rapport de décembre, l’association professionnelle Mesa del Turismo avait salué une année 2025 confirmant « la solidité et la capacité d’adaptation du secteur malgré l’impact de la hausse des prix ».
### Plus de 12 % du PIB espagnol
Le président de l’organisation professionnelle, Juan Molas, s’est déclaré « optimiste » pour 2026, évoquant des perspectives de croissance « soutenues » pour un secteur qui reste « attractif », malgré la concurrence accrue d’autres destinations européennes telles que la Grèce, la Turquie ou l’Albanie.
Cette situation illustre « la forte dépendance » de l’économie espagnole envers le tourisme, comme le souligne pour l’AFP Pedro Aznar, professeur d’économie à l’université Esade de Barcelone et Madrid. Selon l’Institut national des statistiques (INE), le secteur représentait 12,6 % du PIB espagnol en 2024. Cette fréquentation record en 2025 devrait contribuer à permettre à l’Espagne d’enregistrer une croissance de 2,9 % en 2025, soit plus du double de celle de la zone euro.
### Des inquiétudes sur le tourisme de masse
Cependant, la question du tourisme de masse suscite de vives crispations parmi la population, notamment dans les zones prisées par les visiteurs comme Barcelone, Malaga, les îles Baléares ou l’archipel des Canaries, où les manifestations contre le surtourisme sont fréquentes.
Le professeur d’économie Pedro Aznar rappelle les griefs des habitants de ces régions : « modification de l’offre commerciale, davantage orientée vers les touristes que vers les habitants ; pression sur les services publics […] ; et diminution de l’offre de logements à louer, lorsqu’il est possible de proposer les logements aux touristes, ce qui offre une rentabilité plus élevée ». Il souligne également « l’impact sur l’environnement », dans un pays particulièrement touché par le dérèglement climatique et soumis à un stress hydrique important.

