Belgique

Guerre en Ukraine : à Kiev, la population affronte le froid sans chauffage

Sur la rive gauche de Kiev, les habitants ne disposent souvent que de deux heures d’électricité par jour, et pour beaucoup, le chauffage ne fonctionne plus. Oleg, la cinquantaine, rapporte qu’il fait 11 °C chez lui et que la température continue de baisser.


Sur la rive gauche de Kiev, les coupures d’électricité font désormais partie du quotidien des habitants, en particulier dans les zones les plus touchées. Parmi les plus chanceux, certains ont droit à deux heures d’électricité par jour. Pour beaucoup, le chauffage est hors service : « Dans les appartements de ces grandes tours, la température baisse rapidement », témoigne un résident.

« Vous me voyez sourire là, mais au fond de moi, lorsque je parle de tout cela, je pleure. Si je souris, c’est pour tenir, pour ne pas devenir fou, » confie un homme à la cinquantaine étreint par le froid dans un supermarché, devenu refuge temporaire pour ceux qui cherchent à se réchauffer. Oleg, vêtu de son manteau d’hiver, indique qu’il fait 11 °C chez lui et que la température continue de descendre.

Dans ce supermarché, son sourire tranche avec l’expression fatiguée des autres clients. Irina, une vendeuse, exprime son découragement et sa colère : « On est nombreux à n’avoir nulle part où aller. Et surtout, pas les moyens de partir. La classe politique fait preuve d’une telle indécence. Nous n’avons pas comme eux des appartements en Italie, » déplore-t-elle.

Malgré les conseils du maire incitant temporairement les habitants à quitter Kiev pour affronter la vague de froid, personne ne semble envisager cette option. Irina, comme beaucoup d’autres, est convaincue que les bombardements russes continueront jusqu’à rendre les systèmes de chauffage irréparables, dans le but de pousser l’Ukraine à signer un accord de paix favorable à Moscou. Les résidents, bien que fatigués, restent déterminés. Un jeune père de famille résume ce sentiment en déclarant : « Même s’ils nous imposent une nuit totale, un black-out complet, on ne signera pas un accord qui nous serait défavorable. Pourquoi ? Parce que si on cède, on sera envoyés en Sibérie, au goulag. Il vaut mieux rester ici, sans chauffage ni lumière, que de subir la domination russe. »

La vague de froid s’annonce sévère pour au moins les deux prochaines semaines. Les compagnies d’eau, d’électricité et de chauffage s’efforcent de réparer les installations encore en état de marche, mais pour les habitants de Kiev, cet hiver représente une nouvelle épreuve.