La réforme du chômage ne répond pas à la réalité
Des centaines ou milliers d’aidants proches bénéficiaient d’une allocation de chômage, qu’ils ou elles vont perdre avec la réforme. Les aidants proches chômeurs sont surtout wallons et bruxellois, et il y a moins de chômeurs en Flandre.
**Aidants proches exclus du chômage… et du CPAS**
La situation des aidants proches, en particulier des parents d’enfants handicapés contraints de quitter leur emploi, suscite de plus en plus d’inquiétudes. Plusieurs centaines, voire des milliers, de ces aidants bénéficiaient auparavant d’une allocation de chômage, mais ils perdront ce soutien suite à la réforme proposée.
Parmi les témoignages, celui de Dimitri, parent d’un enfant polyhandicapé, a particulièrement retenu l’attention, grâce à sa diffusion dans le journal de la RTBF. Son histoire a touché de nombreuses personnes et a suscité des témoignages de solidarité, même de la part de ceux qui s’opposent à la réforme. Pour beaucoup de parents comme Dimitri, l’absence d’accès au CPAS est une réalité si l’un des conjoints travaille. Cette situation représente une perte significative et une source d’angoisse considérable. De nombreuses voix se sont élevées en faveur d’une réévaluation des limitations temporelles imposées au chômage pour ces familles.
**La fausse surprise pour le MR et Les Engagés**
Le gouvernement fédéral a réagi à cette situation. Il s’avère que les partis majoritaires n’avaient pas anticipé cette problématique, malgré les avertissements formulés et les amendements proposés à la Chambre. Au départ, le ministre en charge de la réforme du chômage, David Clarinval, du MR, a renvoyé la responsabilité aux régions, qui sont compétentes en matière de handicap. Toutefois, il a depuis modifié sa position et envisage maintenant la création d’un statut spécifique pour les aidants proches, une idée également soutenue par Les Engagés.
Les associations, telles que la Ligue des familles et l’asbl Aidants proches, estiment qu’un statut pour les aidants proches au niveau fédéral pourrait être une réponse adéquate. Elles accueillent cette proposition avec satisfaction, mais soulignent que la réforme du chômage est déjà en marche. Elles demandent donc soit des amendements pour assouplir la réforme, soit un gel de celle-ci jusqu’à ce qu’une solution soit trouvée.
**La réforme du chômage : un problème communautaire**
Un autre constat important est que la majorité n’avait pas prévu ces situations, ni pris en compte que le problème est largement communautaire. En effet, les aidants proches chômeurs se trouvent principalement en Wallonie et à Bruxelles, alors qu’il y a moins de chômeurs en Flandre. De plus, le gouvernement flamand met en place des politiques plus favorables pour soutenir ces familles dans la conciliation entre travail et aide. La N-VA a d’ailleurs affirmé que la réforme du chômage vise principalement à réduire le transfert d’argent flamand vers les francophones.
Si le MR et Les Engagés sont réellement conscient du problème, ils devront convaincre les partis flamands de l’urgence de la situation. Sinon, ils seront contraints d’agir rapidement au niveau régional pour apporter des solutions aux familles qui considèrent le chômage non comme un choix de carrière, mais comme un soutien face au handicap de leur enfant. À ce jour, les francophones n’ont rien prévu pour répondre à ces défis.

