Manifestations en Iran : Internet coupé, Starlink d’Elon Musk peut aider ?
Selon l’organisme Netblocks, le nombre de connexions internet en Iran est tombé à 1 % du niveau de trafic habituel. Au moins 40.000 utilisateurs de Starlink sont présents en Iran, représentant une minuscule fraction de la population iranienne, qui compte 90 millions de personnes.
Il est aujourd’hui difficile d’obtenir des images de Téhéran, où des manifestations se déroulent depuis plusieurs semaines. Ce mouvement, initialement porté par des revendications contre la hausse des prix, a rapidement élargi ses mots d’ordre pour dénoncer le régime en place. En réaction, le gouvernement a décidé de couper l’accès d’Internet à la population jeudi dernier. D’après Netblocks, un organisme qui surveille le trafic internet et le droit d’accès à l’information, le nombre de connexions sur Internet en Iran a chuté à 1 % du niveau habituel.
C’est normalement là qu’intervient Starlink. Cette technologie, développée par Elon Musk, permet un accès Internet par satellite grâce à un boîtier et une antenne, sans dépendre des fournisseurs d’accès classiques. Lancée en 2019, elle a été utilisée en Ukraine. Selon les estimations d’IranWire, au moins 40 000 Iraniens utilisent Starlink. Ce système est considéré comme « le dernier lien avec le monde extérieur », permettant de diffuser des images des manifestations et de leur répression, selon le quotidien britannique The Guardian. Mardi, l’ONG Holistic Resilience a informé le New York Times que Starlink avait même annulé ses frais de service en Iran.
Le nombre de décodeurs Starlink a considérablement augmenté en Iran après les manifestations de 2022, consécutives à la mort de Mahsa Amini. Cependant, depuis juillet, posséder un terminal Starlink peut être interprété comme de l’« espionnage », et entraîner une peine de dix ans de prison. Les autorités iraniennes s’efforcent donc d’entraver leur fonctionnement.
Des drones survolent les villes iraniennes pour localiser les antennes réceptrices de Starlink, essentielles pour capter le signal satellite. Le régime utilise également des brouilleurs pour interférer avec les fréquences de Starlink. Jeudi dernier, lors de la coupure d’Internet, des observateurs ont noté un niveau élevé d’interférences GPS sur le site GPSJam.org, selon France 24. Ce niveau de perturbation semble avoir en partie diminué depuis.
Amir Rashidi, chercheur interviewé par le média iranien en exil IranWire, a déclaré qu’environ 80 % du trafic de Starlink était perturbé par l’utilisation de ce matériel. Il décrit cette technologie comme « extrêmement sophistiquée ». Selon lui et d’autres médias internationaux, ce matériel, d’une puissance militaire, aurait pu être fourni par la Russie. Starlink procède actuellement à plusieurs mises à jour pour aider les utilisateurs à contourner ces blocages. « Starlink a la capacité, si un satellite est brouillé, de transférer le signal vers un autre », a expliqué Kave Salamatian, professeur à l’Université de Savoie et spécialiste de la géopolitique d’Internet auprès de France 24. Cela crée un bras de fer silencieux entre l’entreprise et le gouvernement iranien, qui cherche à identifier et bloquer ces nouveaux satellites.
Néanmoins, les utilisateurs de Starlink représentent une infime partie de la population iranienne, qui compte 90 millions de personnes. D’autant plus que cette coupure d’Internet est l’une des plus longues imposées par le régime. Reste à voir si « l’aide » promise par Donald Trump inclura des terminaux pour accéder au réseau d’Elon Musk.

