Tunisie

Facturation électronique : 66 % des entreprises tunisiennes ne sont pas préparées, alerte la CONECT.

66 % des entreprises tunisiennes ne sont absolument pas préparées à la transition vers la facturation électronique obligatoire prévue en 2026, selon une enquête de la CONECT. 83 % des entreprises affichent une connaissance insuffisante de la réglementation, tandis que 74 % identifient le manque d’information claire comme obstacle principal à leur mise en conformité.


La CONECT lance un avertissement concernant l’instauration de la facturation électronique obligatoire prévue pour 2026, en soulignant qu’une majorité écrasante de 66 % des entreprises tunisiennes ne serait pas du tout prête pour cette transition, selon une enquête présentée lors d’une demi-journée d’information sur la Loi de Finances 2026. Cette situation expose les deux tiers des sociétés contactées à un risque immédiat de non-conformité, alors que l’extension de cette obligation aux prestations de services se rapproche.

Les résultats de l’enquête conduite par la Confédération des Entreprises Citoyennes de Tunisie révèlent un état de préparation alarmant du tissu économique tunisien. L’étude indique que 83 % des entreprises démontrent une connaissance insuffisante de la réglementation, tandis que 74 % citent le manque d’information claire comme principal obstacle à leur mise en conformité. Plus préoccupant encore, 67 % des sociétés anticipent des répercussions critiques ou significatives sur leur activité, avec des conséquences potentielles allant jusqu’à la suspension d’activité ou des sanctions financières sévères.

La dimension comparative internationale abordée lors de cette rencontre révèle une réalité que les autorités tunisiennes semblent avoir négligée. Les cas du Brésil, qui a consacré dix ans à l’implémentation de sa réforme, de l’Italie avec quatorze ans de préparation, de la France qui a reporté son calendrier à trois reprises, et du Maroc qui prévoit un déploiement progressif sur trois ans illustrent qu’aucun pays comparable n’a réussi à généraliser la facturation électronique sans rencontrer des problèmes majeurs.

Dans ce contexte critique, la Confédération propose cinq axes de recommandations aux autorités compétentes tout en réaffirmant son engagement en faveur de la modernisation du cadre fiscal tunisien et d’une plus grande transparence. La CONECT souligne toutefois qu’une réforme, quelle que soit sa légitimité, risque d’échouer si elle n’est pas correctement préparée et mise en œuvre de manière brutale.

Les recommandations de l’organisation patronale se concentrent sur des mesures concrètes pour éviter un choc économique sévère. La première consiste à instaurer un moratoire immédiat de six mois sur les sanctions, permettant ainsi aux entreprises de se conformer sans crainte de pénalités immédiates. La CONECT plaide également pour un accompagnement massif et structuré des petites et moyennes entreprises, qui forment l’essentiel du tissu économique tunisien et sont les plus vulnérables face à cette transformation numérique.

Le soutien à l’infrastructure technique constitue le troisième axe des recommandations, la Confédération notant que la mise en place efficace de la facturation électronique nécessite des systèmes informatiques robustes et fiables. Le quatrième axe concerne l’équité fiscale, la CONECT appelant à un déploiement progressif et proportionné aux capacités et à la taille des entreprises afin de ne pas pénaliser davantage les plus petites structures. Enfin, l’organisation patronale recommande l’établissement d’un système de gouvernance partenariale ainsi qu’une évaluation continue des réformes fiscales en général et de la facturation électronique en particulier.