France

Les voleurs de cuivre ne laissent pas les bornes de recharge en paix.

Le département de la Seine-et-Marne a recensé plus d’une centaine de câbles arrachés dans 25 stations fin novembre, y compris à Melun où une borne de recharge rapide a été vandalisée dans la nuit du 30 novembre. Mobilians a alerté les autorités sur la recrudescence des vols de cuivre provenant des bornes de recharge, qui peuvent coûter jusqu’à 120.000 euros pour remplacer les câbles dérobés dans certaines stations.


Dans une période difficile, la SNCF et Orange se retrouvent désormais en mauvaise compagnie. Après les réseaux ferroviaires et de télécommunications, les voleurs de cuivre s’en prennent désormais aux bornes de recharge pour voitures électriques. Ce phénomène, déjà constaté au Royaume-Uni, au Portugal et en Espagne, s’est intensifié ces derniers mois, avec plusieurs dizaines de cas signalés à travers le pays. Le département de la Seine-et-Marne est particulièrement touché, avec plus d’une centaine de câbles arrachés dans 25 stations à la fin novembre.

C’est ainsi qu’à Melun, durant la nuit du 30 novembre, une borne de recharge rapide a été vandalisée. « Cela ne nous était jamais arrivé », déclare Nicolas Denans, directeur de la communication du Syndicat départemental des énergies de Seine-et-Marne (SDESM), qui a déposé plainte. En Ille-et-Vilaine, un département jusqu’ici épargné, des câbles de deux stations ont également été sectionnés depuis la mi-décembre. Le syndicat départemental d’Énergie 35 a rapidement porté plainte « afin de mobiliser les forces de l’ordre sur ce sujet émergent et éviter tout effet boule de neige. »

### Une facture salée pour les opérateurs et les collectivités

Agissant souvent la nuit, les malfaiteurs se servent d’applications pour localiser les bornes de recharge avant d’agir. « Ils coupent le câble, enlèvent le cuivre et le revendent ensuite », précise Alain Rolland, fondateur du réseau Stations-e et président de la commission IRVE (Infrastructures de recharge pour véhicules électriques) chez Mobilians, l’organisation patronale des métiers de l’automobile.

Les voleurs ciblent uniquement les bornes de recharge rapide et ultrarapide, qui contiennent « entre quatre et cinq kilos » de cuivre dans chaque câble. Un butin qu’ils revendent ensuite pour quelques dizaines d’euros. Cependant, pour les opérateurs déployant les bornes de recharge, le coût est largement supérieur. « On en a pour 5.000 euros de travaux de réparation », souligne Nicolas Denans. Dans deux grandes stations de recharge des Hauts-de-France, le montant atteint même 120.000 euros pour remplacer les câbles en cuivre dérobés.

### Pénalisant aussi pour les utilisateurs

Face à la montée des vols, Mobilians avertit les autorités. « Si on ne fait rien, cela va être un fléau, assure Alain Rolland. Car cela coûte de l’argent d’installer des bornes et l’impact financier peut donc être très conséquent pour les entreprises et les collectivités en cas de vol. Il y a aussi le risque d’avoir des zones où les opérateurs ne voudront plus aller si les vols sont trop fréquents. »

Si les bornes sont hors service, cela pourrait également décourager les utilisateurs de véhicules électriques, car le remplacement d’un câble ne se fait pas instantanément. « Cela peut prendre entre quelques jours et un mois, donc c’est très pénalisant, à la fois pour l’utilisateur et pour l’image de l’entreprise », assure Alain Rolland. À Melun, la borne vandalisée n’a d’ailleurs toujours pas été remplacée, engendrant « un manque à gagner de 1.000 euros » pour la SDESM, souligne Nicolas Denans.

### Plusieurs solutions testées pour riposter

Face à l’ampleur du phénomène, les acteurs du secteur cherchent des solutions. Certaines options technologiques sont à l’étude. « Au Portugal, ils ont entouré les câbles de Kevlar, un matériau très résistant, explique Alain Rolland. Cela fonctionne plutôt bien car cela ralentit les voleurs, mais cela coûte très cher. » Une méthode permettant de marquer le cuivre volé avec une substance, similaire à celle utilisée pour les billets de banque, a aussi été testée au Royaume-Uni, mais s’est révélée coûteuse.

Le développement de systèmes d’alarme liés aux forces de l’ordre ou de géolocalisation grâce à une balise dans les câbles est également à l’étude. « Il faut en tout cas trouver des solutions rapidement pour que ce fléau ne fragilise pas le développement de la mobilité électrique dans les territoires », prévient le fondateur de Stations-e.