28 ans plus tard : Le Temple des morts reste une infection humaine
Nia DaCosta a réalisé « Le Temple des morts », qui est une suite de « 28 jours plus tard » (2003) et de « 28 semaines plus tard » (2007). Le film est interdit aux moins de 16 ans en raison de la brutalité et des tortures infligées par le gang des « Doigts ».
28 ans plus tard : Le Temple des morts n’épargne pas ses spectateurs. Pour cette suite de 28 jours plus tard (2003), de 28 semaines plus tard (2007) de Juan Carlos Fresnadillo et de 28 ans plus tard (2025), Danny Boyle laisse sa place à Nia DaCosta, réalisatrice de Candyman, qui ne se laisse pas intimider par la brutalité. Alex Garland reste attentif côté scénario.
L’action reprend à la fin du premier « 28 ans ». Le jeune Spike (Alfie Wiliams) est capturé par une bande sauvage dirigée par Jimmy Crystal (Jack O’Connell) tandis que le docteur Kelson (Ralph Fiennes) est attaqué par un Infecté dans son ossuaire, où il mène des expériences. Nia DaCosta semble plus à l’aise dans ce registre que dans les aventures des super-héroïnes de The Marvels. Les âmes sensibles s’abstiennent : l’hémoglobine coulera.
Interdit aux moins de 16 ans
Pour ceux qui pensent encore que les réalisatrices sont des créatures fragiles prônant la douceur à l’écran, Le Temple des morts viendra balayer ces préjugés. Nia DaCosta ne fait pas dans la délicatesse, et l’interdiction aux moins de 16 ans est bien méritée. Les tortures infligées par le gang des « Doigts », des enfants psychopathes et leur mentor croyant être le fils du diable, remettront rapidement l’église satanique au cœur de la forêt.
Les humains, ces ordures
Il convient de rappeler que les Infectés, affamés de chair fraîche, ont la fâcheuse habitude d’arracher les têtes en extirpant la colonne vertébrale d’un coup sec, tel un légume que l’on tire de terre. Les « Doigts » sont encore pires. Convaincus que le Diable exige des sacrifices, ils épluchent leurs victimes comme des légumes. Ces métaphores végétales sont surprenantes dans un film qui met la viande en avant. Dans Le Temple des morts, ce sont les humains qui apparaissent comme des monstres.
Des performances ahurissantes
Ralph Fiennes n’a plus à prouver son talent pour incarner des personnages inquiétants. Son rôle en Voldemort dans Harry Potter lui confère un vécu dans ce domaine. Il s’illustre en savant fou, notamment lors d’une chorégraphie saisissante sur fond d’Iron Maiden. Ce grand acteur sait également faire ressortir son humanité dans ses interactions avec une créature inattendue. Le véritable méchant est le fou furieux joué par Jack O’Donnell, dont la perversité fait passer le personnage d’Alex dans Orange mécanique pour un personnage inoffensif. On préférerait encore affronter un Infecté.
On dit « encore »
Nia DaCosta s’investit pleinement dans cet univers ! Elle dose habilement l’horreur pour dresser une fable sur les comportements humains avides de pouvoir. Certes, le trait est appuyé, mais l’énergie qui se dégage de ce Temple des morts est suffisamment captivante pour donner envie de découvrir la suite. Cette saga a encore des ressources. L’apparition d’une star inattendue au moment du dénouement le prédit avec éclat.

