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Prix des PC portables : HP a une astuce, mais pas pour tous

Alors que HP réfléchirait à intégrer de la mémoire DRAM chinoise à certains de ses PC portables, les tarifs des PC portables ont déjà subi une nette augmentation par rapport au dernier trimestre 2025. De plus, la réglementation américaine NDAA interdit aux agences fédérales américaines d’acheter ou d’utiliser des équipements contenant des semi-conducteurs produits, entre autres, par CXMT.

Alors qu’Hewlett-Packard (HP) envisage d’intégrer de la mémoire DRAM provenant de Chine dans certains de ses ordinateurs portables, la Chine émerge comme une alternative concrète pour atténuer la crise que traverse le marché cette année.
Le HP Omnibook 3 // Source : oTaXou pour Frandroid

Les prix des ordinateurs portables ont déjà connu une hausse significative par rapport au dernier trimestre 2025. Les perspectives s’annoncent sombres alors que la situation pourrait ne pas se stabiliser avant 2028 selon Micron.

Dans ce contexte de pénurie de RAM, les fabricants s’orientent vers des alternatives moins coûteuses et plus disponibles que les trois principaux fournisseurs historiques (Samsung, SK Hynix, Micron).

La Chine pourrait bien constituer la solution au marché des PC dans les mois et années à venir, certains acteurs ayant profité de cette période d’incertitude pour renforcer leur crédibilité. HP, l’un des leaders du secteur, envisagerait sérieusement de sécuriser ses futurs stocks de DRAM avec plusieurs de ces fournisseurs.

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HP se tournerait vers la Chine pour la RAM de ses laptops

Le journaliste économique Tae Kim du média Barron’s a relayé une décision intéressante de la direction de HP. Des discussions seraient en cours pour sourcer d’autres fournisseurs de DRAM en provenance de Chine.

Alors que les géants coréens privilégient de plus en plus la mémoire HBM destinée aux centres de données d’intelligence artificielle, les fournisseurs chinois apparaissent comme une alternative attrayante pour les fabricants de PC.

Le journaliste souligne à juste titre que la mémoire reste une « commodité » pour les consommateurs, qui ont finalement peu d’exigences quant à son origine. Les critères de performance et de coût semblent favoriser ces acteurs chinois.

En Asie et en Europe uniquement

Pour une entreprise comme HP, collaborer avec un fournisseur chinois n’est cependant pas une solution miraculeuse. Comme l’indique Wccftech, la production de wafers DRAM par un acteur tel que CXMT atteindra 300 000 unités par mois cette année.

Cela reste bien en deçà des capacités de production de Samsung ou SK Hynix, qui peuvent en produire plus du double chaque mois. Cependant, si CXMT est également présent sur le marché des modules HBM, sa capacité de production DDR5 pourrait offrir un soutien précieux à de nombreux fabricants.

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Module mémoire CXMT // Source : CXMT

Toutefois, la réglementation américaine NDAA (National Defense Authorization Act) interdit aux agences fédérales américaines d’acheter ou d’utiliser des équipements contenant des semi-conducteurs produits, entre autres, par CXMT.

Cette interdiction s’applique tant aux ordinateurs qu’aux serveurs des agences gouvernementales, ainsi qu’aux entreprises ayant des contrats avec ces dernières.

Il ne serait pas économiquement judicieux pour HP de gérer deux chaînes de production distinctes pour servir les marchés public et privé. De plus, les contrats gouvernementaux sont très lucratifs pour une entreprise comme HP, et une telle décision sur le territoire américain pourrait être mal perçue par l’administration actuelle.

Avec des contraintes importantes, HP pourrait restreindre ces modèles de PC avec mémoire chinoise aux seuls marchés d’Asie et d’Europe.

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La Chine fait « un excellent travail » pour Micron

Dans une interview accordée au média Wccftech, Christopher Moore, vice-président marketing de Micron, accueille positivement ces alternatives chinoises. Il affirme que ces entreprises font « un excellent travail pour servir les marchés qu’elles visent. »

Il précise qu’un acteur tel que CXMT « ne vise pas tous les marchés » et ne pourrait pas, à court terme, perturber le leadership des trois grands.

Il se réjouit néanmoins de leur existence, soulignant qu’il est « favorable à la concurrence, quelle que soit sa provenance », car cela incite une entreprise comme Micron à « se surpasser » et à « mieux servir (ses) clients ».

Récemment, un autre acteur chinois, Innosilicon, a dévoilé ses premiers modules LPDDR6 à ses partenaires. La technologie ne devrait pas se généraliser avant 2027-2028, surtout dans le contexte actuel.

Cela témoigne d’une volonté affirmée de la Chine de se positionner comme une alternative viable dans un environnement économique aux perspectives néfastes pour les consommateurs.