France

Corse : Alain Orsoni échappe à un attentat le 29 août 2008

Alain Orsoni a été abattu ce lundi à Vero (Corse-du-Sud) alors qu’il assistait aux obsèques de sa mère. Six hommes, jugés en 2011, ont écopé de six ans de prison pour leur implication dans une tentative de meurtre sur Alain Orsoni en 2008.


Alain Orsoni a été abattu ce lundi lors des funérailles de sa mère à Vero, en Corse-du-Sud. Âgé de 71 ans et figure du nationalisme corse reconvertie dans les affaires, il a été touché par une balle, décrite comme un « tir à longue distance » par Nicolas Septe, le procureur de la République d’Ajaccio, qui a ouvert une enquête pour assassinat en bande organisée désormais suivie par le Parquet national anticriminalité organisée (Pnaco).

Orsoni redoutait ce meurtre depuis longtemps. Il vivait au Nicaragua après un premier exil en Floride en 1996 pour échapper aux guerres internes du milieu nationaliste. En 2008, il avait déjà été la cible d’une tentative d’assassinat.

Cette même année, Alain Orsoni avait succédé à son ami Michel Moretti, décédé, à la tête du club de football de l’AC Ajaccio. Son intronisation intervenait dans un contexte tendu en Corse, marqué notamment par le meurtre en juillet d’Ange-Marie Michelosi, un des leaders de l’équipe du « Petit Bar ».

À cette époque, beaucoup croyaient qu’Orsoni visait à prendre le contrôle de la Corse-du-Sud et à s’approprier l’héritage de Jean-Jé Colonna, parrain décédé en 2006, devant lequel était déjà passé Ange-Marie Michelosi. Un proche du « Petit Bar », dont les conversations étaient surveillées par la police, avait déclaré au Parisien en 2012 : « Ils veulent tuer Alain parce qu’ils veulent mettre la main sur la ville. Et, en mettant la main sur la ville, il faut passer par lui. »

Une enquête policière avait commencé en août 2008, dans laquelle Pascal Porri, l’un des lieutenants d’Ange-Marie Michelosi, était suivi après qu’un renseignement anonyme ait signalé des activités suspectes autour d’un hangar près d’Ajaccio. Les enquêteurs avaient alors identifié des véhicules aux fausses plaques d’immatriculation et des hommes armés mettant en place des opérations de repérage.

Dans la nuit du 29 au 30 août, le groupe, incluant Pascal Porri, a été interpellé dans un hôtel. La police a découvert deux pistolets automatiques de calibre 9 mm, plusieurs armes de poing, des gilets pare-balles, des cagoules, des perruques et plusieurs milliers d’euros en liquide.

Les enquêteurs ont ensuite lié cette affaire à Alain Orsoni, et les six hommes arrêtés sont suspectés d’avoir tenté de le tuer.

Après de premières interpellations en septembre 2008, neuf suspects ont été mis en examen en avril 2009. Deux ont bénéficié d’un non-lieu, et sept ont été renvoyés devant le tribunal correctionnel, dont six pour association de malfaiteurs en vue de commettre un homicide. Parmi les prévenus se trouvaient deux membres présumés de la « bande du Petit Bar », Pascal Porri et Stéphane Raybier, en opposition depuis des années au clan Orsoni, ainsi que des proches d’Ange-Marie Michelosi, le chef défunt de ce bar à Ajaccio.

Jugés en 2011, les six hommes ont été condamnés à six ans de prison.