« On ne peut pas simplement rattraper ce retard » : l’effondrement de Volkswagen, BMW et Mercedes en Chine
Entre janvier et décembre 2025, Mercedes, BMW et Volkswagen ont écoulé uniquement 3,9 millions de véhicules, ce qui représente une forte baisse par rapport à 2024. En 2025, Volkswagen a subi une chute de 44 % de ses ventes de voitures zéro-émission, avec seulement 115 000 exemplaires écoulés.
Si la Chine a été le principal marché des constructeurs allemands, ces derniers ont connu une baisse significative de leurs ventes. Cette situation est principalement due à la concurrence chinoise qui se renforce, notamment dans le secteur des véhicules électriques.
Il y a quelques années, les constructeurs chinois étaient peu développés et presque absents en dehors de leur marché domestique. Toutefois, ce paysage a évolué et, à ce jour, on compte plus de 150 fabricants, même si leur succès varie.
### Une concurrence très rude
Les marques traditionnelles, en particulier les constructeurs allemands, doivent faire face à cette situation. En effet, celles-ci ont longtemps misé sur la Chine au point d’en faire leur principal marché. L’arrivée de nouveaux concurrents n’est pas une bonne nouvelle pour Mercedes, BMW ou Volkswagen, comme l’indiquent les chiffres rapportés par le média Handelsblatt. Les ventes de ces trois marques sont en forte baisse dans l’Empire du Milieu.
Entre janvier et décembre 2025, ces marques ont vendu ensemble 3,9 millions de véhicules, un chiffre en nette diminution par rapport à 2024. Pour être précis, Mercedes a connu une chute de 19 % de ses immatriculations, tandis que BMW a enregistré une baisse de 12,5 % et Volkswagen de 8 %. Bien que ces chiffres concernent toutes les motorisations, les véhicules électriques subissent une perte particulièrement sévère.
Volkswagen aurait par exemple enregistré une chute de 44 % de ses ventes de voitures zéro émission en 2025, ne vendant que 115 000 exemplaires durant l’année. BMW a connu une diminution de 46 %, avec seulement 50 000 voitures électriques écoulées, et Mercedes a observé un déclin de 47 %, avec seulement 11 000 véhicules électriques vendus en Chine.
Ces chiffres sont alarmants pour ces marques qui ont toujours beaucoup investi dans ce marché. La baisse de ventes en Chine a également impacté leurs immatriculations au niveau mondial, avec une baisse de 1,5 % de leurs livraisons globales. Volkswagen, par exemple, n’a pas dépassé les neuf millions de véhicules vendus en 2025.
### Une situation inquiétante
Les raisons de cette chute des ventes sont principalement liées à la concurrence accrue des constructeurs chinois. Des entreprises comme BYD, qui est devenu le leader mondial des voitures électriques devant Tesla, sont en partie responsables. En 2023, BYD avait déjà surpassé Volkswagen en Chine et, en 2024, il avait même largement devancé l’ensemble du groupe allemand. En 2025, Volkswagen a également été détrôné par Geely.
Cette perte de vitesse résulte également d’un retard technologique significatif, alors que les clients recherchent des véhicules de plus en plus connectés. Thomas Luk, un expert cité par le média allemand, affirme que Volkswagen, Mercedes et BMW accusent un retard d’environ un à deux ans dans ce domaine.
« Pour la plupart des acheteurs chinois de voitures, les constructeurs allemands ne sont plus un facteur déterminant », déclare-t-il, ajoutant que ces marques attirent principalement les acheteurs plus âgés qui se souviennent encore de leur prestige passé. Il souligne également qu’il est impossible de rattraper ce retard, même avec des partenariats, bien que Volkswagen tente de le faire avec Xpeng.
Les autres marques collaborent avec la entreprise chinoise Momenta pour le développement de la conduite autonome. BMW mise sur sa gamme Neue Klasse, tandis que Mercedes cherche à séduire avec les GLC, la CLA dédiée au marché chinois et la Classe S restylée.
Cependant, les prévisions pour 2026 s’annoncent difficiles pour ces constructeurs, surtout dans un marché chinois qui devrait connaître un recul, en raison d’une diminution des subventions gouvernementales pour les entreprises. De nouvelles réglementations concernant les voitures électriques pourraient également priver certaines marques d’avantages fiscaux.

