Ecolo : vœux nécessaires malgré un manque d’enthousiasme
Des vœux prononcés par une équipe de transition de cinq membres : Bénédicte Linard, Sarah Schlitz, Zakia Khattabi, Saskia Bricmont et Stéphane Hazée. Une première génération émerge à la fin des années 70 et 80, celle des fondateurs : les Lannoye, Deleuze, Darras et consorts.
Des vœux parce qu’il le faut bien
Des vœux parce que c’est une tradition. Des vœux car Écolo reste actif, avec des militants, des adhérents, des cadres et des électeurs. Toutefois, ces vœux sont particuliers, dans la mesure où le parti n’a pas encore surmonté le divorce entre ses deux coprésidents, Samuel Cogolati et Marie Lecocq.
Ces vœux ont été prononcés par une équipe de transition composée de cinq membres : Bénédicte Linard, Sarah Schlitz, Zakia Khattabi, Saskia Bricmont et Stéphane Hazée. Cette équipe mène le parti vers de nouvelles élections internes. Dans ce contexte, les messages politiques, notamment la dénonciation des mesures de l’Arizona, ont été relégués au second plan. L’atmosphère était pesante, d’autant plus que l’avenir d’Écolo reste incertain.
Horizon encore bouché
Aucune alternative claire ne se dessine pour prendre la relève. Cela n’étonne guère certains observateurs de la vie interne des écologistes : se déclarer trop tôt pourrait être risqué. Il faudra attendre la date limite de dépôt des candidatures, fixée au 25 janvier. En attendant, plusieurs noms circulent, mais beaucoup sont rapidement démentis : des anciens comme Patrick Dupriez ou Jean-Michel Javaux, toujours mentionnés ; des actuels comme Zakia Khattabi ou Céline Tellier, qui déclinent officialement. Ces noms suscitent des craintes. Marie Lecocq envisage-t-elle vraiment de se représenter ?
La piste la plus prometteuse semble celle de la résurrection du tandem qui avait perdu face à celui de Cogolati-Lecocq, avec l’ancien député Gilles Vanden Burre et l’ancienne secrétaire d’État Marie-Colline Leroy.
Crise des vocations chez Ecolo
Existe-t-il une crise des vocations chez Écolo ? Oui, au-delà de la présidence, le parti n’a pas réussi ces dernières années à former et à promouvoir une nouvelle génération de cadres. Le renouvellement a été trop faible.
Pour comprendre, revenons en arrière. Une première génération est apparue à la fin des années 1970 et 1980, celle des fondateurs : Lannoye, Deleuze, Darras, entre autres. Dans les années 1990, le renouvellement s’organise autour de Jacky Morael, Marcel Cheron, Isabelle Durant, Evelyne Huytebroeck, qui mènent à la victoire de 1999. Dans les années 2000, les « enfants politiques » de Jacky Morael prennent le pouvoir : Javaux, Nollet, Doulkeridis. Cette génération a rencontré des difficultés à se renouveler. Ce n’est pas qu’il n’y ait pas de nouveaux visages : Céline Tellier, Samuel Cogolati et d’autres sont apparus, mais pas suffisamment pour dynamiser un parti comme Écolo.
Problème profond chez les écologistes européens
Cependant, le problème de recrutement dissimule une difficulté plus profonde liée à l’écologie politique, qui touche plusieurs pays européens. La doctrine écologiste, née dans les années 1960 et 1970, repose sur le pacifisme, la critique du productivisme, l’internationalisme et la démocratie participative. Pourtant, la menace de guerre augmente avec le retour des empires, le productivisme explose dans une course aux ressources et aux technologies, l’internationalisme recule et la démocratie se limite de plus en plus à des plébiscites de dirigeants autoritaires. Ces tendances semblent profondément ancrées.
N’est-il pas trop tard pour l’écologie politique ? Bien sûr que non, pensent de nombreux écologistes. Pour eux, ces constats renforcent leur engagement. Cependant, il est indéniable qu’une phase de désillusion est à reconnaître. Les constats actuels découragent et démobilisent une nouvelle génération politique. Jamais les temps n’ont été aussi difficiles pour les écologistes. Lors des vœux d’Écolo, cela était évident pour tous.

